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"Inquiétant" |
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Le procureur Thomas Michaud n'a pas caché son inquiétude quant à cette saisie, vendredi 29 août, lors d'une conférence de presse organisée au Tribunal de Mamoudzou. "C'est inquiétant si c'était destiné au seul marché mahorais, ça l'est aussi si c'était un colis en transit vers une autre destination, car cela signifierait que les trafiquants africains pourraient utiliser Mayotte pour toucher les marchés européen ou asiatique".
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C'est presque par hasard que les gendarmes sont tombés sur ce gros lot. Dans la nuit de dimanche 25 à lundi 26 août, vers minuit, la patrouille cynophile, implantée récemment dans l'île (mi-juillet), mène une opération de contrôle routier "dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants", précise le colonel Patrice Martinez, commandant de la gendarmerie de Mayotte. C'est alors qu'elle est prévenue de l'arrivée, sur une plage du village de Trevani, à 10 kilomètres au nord de Mamoudzou, d'un kwassa repéré par un radar. Il est trop tard pour l'intercepter en mer : la patrouille se rend sur les lieux et arrête sept personnes qui viennent juste de débarquer, alors que le kwassa est déjà reparti vers Anjouan. Les gendarmes –aidés des chiens- tombent, en les fouillant, sur un paquet de poudre. L'analyse confirmera plus tard qu'il s'agit d'une cocaïne de bonne qualité. Immédiatement, "les sept personnes arrêtées ont été placées en garde à vue", précise le Procureur de la République par interim, Thomas Michaud. Quatre seront libérées dans la nuit. Les trois autres, des Comoriens sans papiers français mais qui ont l'habitude selon M. Michaud de vivre entre Mayotte et Anjouan, seront entendus durant 96 heures, comme le permet la loi dans ce genre de trafic. "Au bout de 48 heures, après le recoupage des données, nous avons pu identifier le destinataire du colis", indique le lieutenant Gérard Gautier, responsable du Groupement d'intervention de Mayotte (GIM). Arrêté à son domicile dans la nuit de mardi 27 à mercredi 28 août aux alentours de minuit, l'homme, un Mahorais âgé de 41 ans qui habite Mamoudzou et a déjà été condamné pour importation et trafic de stupéfiants, a reconnu les faits. "Il affirme que c'était destiné au marché local", indique M. Michaud. "Si c'est le cas", poursuit-il, "ils ont agi comme des amateurs, car écouler une telle quantité à Mayotte me semble difficile". Ni le Parquet ni la gendarmerie n'ont jusqu'à présent connaissance d'un marché important touchant à la cocaïne. "La consommation et le trafic de stupéfiants sont une réalité à Mayotte, mais jusqu'à présent il s'agissait surtout de cannabis et de résine de cannabis", indique le procureur. Ces trois dernières années, seules deux affaires touchant à la cocaïne ont été recensées, avec des quantités moindres : 250 grammes dans un cas, 1 gramme dans l'autre… "4,5 kilos, c'est une saisie exceptionnelle pour Mayotte. Même pour la France métropolitaine", a expliqué M. Michaud. L'hypothèse selon laquelle ce colis n'était qu'en transit n'est ainsi pas écartée. "On peut imaginer qu'il était destiné à la Réunion ou à la Métropole", indique M. Gautier. "Voire à l'Asie." En attendant de trouver les réponses aux nombreuses questions suite à cette saisie record, l'enquête se poursuit, sous la direction d'un juge d'instruction. Un échantillon de cocaïne a été envoyé à Paris pour analyse – le reste sera détruit. Placés en détention provisoire, les quatre hommes ont été mis en examen pour importation de stupéfiants en bande organisé et trafic de stupéfiants. Ils risquent 30 ans de réclusion. VM
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