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En raison du gel des avancements à la fonction publique depuis plusieurs années, beaucoup de sages femmes gardent ce salaire pendant de longues années sans aucune amélioration possible. "Ce n'est pas motivant de gagner 65 000 francs comoriens payés irrégulièrement pendant dix ans sans aucune augmentation", a souligné Ramalta Hassane, présidente de l'Association comorienne des sages femmes. "De plus, les indemnités de garde (2000 F par garde) ne sont pas payées à temps", selon Rahia Mohamed, en poste à l'hôpital El Maarouf. "Tous les services perçoivent des indemnités de risque sauf les sages femmes. Pourtant, les risques pour le personnel de contracter des infections à la maternité sont bien supérieurs qu'ailleurs". Pour nouer les deux bouts, chaque sage-femme essaie de mettre eu point son propre système D allant de visites privées à domicile voire à l'hôpital au petit commerce parallèle. "J'aimais ce métier mais je ne vous cache pas que je cherche à changer de profession. Il n'est pas normal de passer toute ma vie à gagner un salaire de misère pour un travail aussi harassant", confie une autre sage-femme en début de carrière qui préfère garder l'anonymat. L'une des plus dures épreuves pour ces femmes chargées de faire venir au monde des bébés, c'est l'accueil des jeunes femmes à terme qui se présentent dans les services de maternité sans avoir jamais consulté tout au long de leur grossesse. Car, malgré les multiples campagnes de sensibilisation en faveur de la maternité sans risque, de plus en plus de Comoriennes arrivent à la fin de leur grossesse sans avoir jamais eu la moindre consultation prénatale. Ces femmes représentent de véritable cauchemars pour les sages femmes en poste à l'Hôpital El Maarouf. "Il nous arrive souvent de devoir faire face à des situations dramatiques simplement parce qu'une femme a eu des complications qu'elle aurait pu éviter si elle avait eu ses visites prénatales", déplore Fatima Ali Mohamed, la responsable du service avant d'ajouter : " ces cas nous font peur. Mais nous essayons de faire ce que nous pouvons". "Parmi ces femmes sans carnet de santé, il y a de vraies indigentes. Mais il y a aussi des personnes qui ne sont pas aussi pauvres et qui auraient pu payer leurs visites. Par inconscience peut-être, elles décident de se passer des consultations prénatales, s'exposant à une issue fatale. Des jeunes femmes sont mortes à El Maarouf à cause de cela", témoigne-t-elle. L'association des sages femmes déplore également le manque d' équipements à l'image de la maternité de El-Maarouf qui compte en tout six tables et quatre boites d'accouchement. "Six lits c'est insuffisant pour une maternité qui reçoit des femmes qui viennent des autres coins du pays. Nous recevons mêmes des femmes évacuées d'Anjouan et de Mohéli", affirme encore le major Fatima, précisant qu'en moyenne, dix (10) accouchements se déroulent à El- Maarouf par jour. Autre fait insoutenable pour ces professionnelles de la santé de la reproduction : les cas de femmes en train d'accoucher et dont les familles ne sont pas en mesure d'acheter les médicaments et matériels demandés. Avant, le service de maternité disposait de kits de réserve pour les cas d'urgence. "On pouvait alors utiliser le kit pour une patiente. Elle nous le rembourse ensuite et nous remplaçons les produits utilisés. Mais certaines sont si pauvres qu'elles ne pouvaient rembourser.. La conséquence est que nous n'avons plus de kit de secours du tout. Et les personnes qui viennent accoucher doivent tout acheter. Absolument tout", prévient Fatima Ali Mohamed. (Panapress)
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