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Née en France en 1976, cette jeune réalisatrice ne découvre qu'à l'âge de 21 ans le pays d'origine de ses parents : l'archipel des Comores. Diplômée de l'Iinsas, une école belge de cinéma, en 2004, elle décide d'orienter son travail de mémoire sur le thème de l'exil et du déracinement, sujets qui répondent à sa quête identitaire franco-comorienne. Son dernier court-métrage de fiction, premier film comorien en 35 mm, “La Résidence Ylang Ylang”, tourné en 2007 en Grande-Comore, a été sélectionné – une première pour un réalisateur comorien - au Festival de Cannes 2008 à la Semaine de la Critique, et sera projeté au Festival du film d'Afrique et des îles de la Réunion la semaine prochaine. "L’idée du film est née lors de mes études", nous explique-t-elle. "Elle a mis du temps à germer mais le temps qu’il fallait pour devenir scénario et ensuite court métrage. Je me suis inspirée de mes deux premiers voyages à la Grande Comore. Je fais partie de la diaspora comorienne et c’est à 21 ans que j’ai découvert la terre de mes origines et ma famille. Tant que mon père n’avait pas fini de construire la maison familiale dans son village natal, on ne partait pas." Son premier voyage est, dit-elle, "rempli d’émotions et de désillusions". "Ce qui m’avait beaucoup surprise ce sont les maisons vides en semi construction parsemées un peu partout dans le paysage urbain et rurale. Trace collective du mythe de l’éternel retour. Puis j’entendais beaucoup le terme ‘Les Je Viens’", raconte-t-elle. Son deuxième voyage, elle l'a effectué "avec mes meilleurs amis dans le but de réaliser un film documentaire. J’ai beaucoup observé et écouté les gens. J’ai commencé à écrire ‘La résidence Ylang Ylang’ mais j’avais mis l’histoire de côté car lors de mes études, j’avais d’autres films à faire. Après avoir obtenu mon diplôme de réalisatrice, j’ai repris le scénario et l’ai envoyé par hasard à un concours de scénario (Hohoa) pour voir si en dehors de l’école ce que j’écrivais pouvait intéresser les gens. Je ne rentrais pas dans les critères de ce concours mais grâce au jury qui a aimé l’histoire, j’ai pu intégrer un atelier d’écriture qui avait eu lieu en Corse. Là j’ai rencontré des jeunes réalisateurs venant de tout les horizons d’Outre Mer et des intervenants (réalisateurs, producteurs, scénariste, cinéaste) qui nous donnaient de précieux conseils pour mener à bien nos projets." Après cet atelier, Hachimiya "prend le risque" de déposer le projet seule en tant qu’auteur au CNC. - "ça passait ou ça cassait mais à ma grande surprise, j’ai eu une réponse positive". "De la naissance de l’écriture à la réalisation, huit ans qui se sont écoulé"… Après avoir trouvé un producteur, Hachimiya se rend en Grande-Comore en novembre 2007, avec son assistant et son directeur de production "pour effectuer des repérages". "On a fait plusieurs villages du nord au sud de la Grande Comore pour trouver des lieux qui correspondaient à ce que j’avais imaginé et trouver des personnes qui incarneraient les personnages de mon histoire. Les gens étaient contents de nous recevoir et nous remercier tout le temps de nos visites. On a réalisé la difficulté de la vie des villageois subissant les coupures interminables d’électricité, les routes déglinguées, la non distribution des eaux… mais eux ne se révoltent pas ou plus. J’ai suivi le bouche à oreille pour trouver mes acteurs. Tous des non professionnels. Les gens ne jouent pas des personnages mais restent tel qu’ils sont dans la vie. Je voulais être proche de la vérité de la vie." "Ali Hassan Halidi (Djibril, le personnage principal) est instituteur à Foumbouni. Son caractère humble me fait penser à mon oncle maternel qui est en fait ce Djibril. Ali a accepté sans hésitation de participer au film. A la fin des repérages, j’ai choisi Domoni Adjou pour les montagnes, Ivembeni pour sa symbolique du ‘ Jevianisme’ et Mitsamihouli pour ses gigantesques maisons magnifiques. Puis, Soeuf Elbadawi m’a dirigé vers des gens de confiance pour participer à l’équipe technique. Trois garçons : Ali Ibrahim, Ibou et Bacar du studio 1 qui ont fait preuve de courage et de détermination durant le tournage. Tous les participants comoriens viennent de différents lieux du nord, du sud et de la capitale." Le tournage a commencé deux mois après en janvier 2008 et a duré huit jours. "Il y a eu une vraie collaboration collective et j’ai pu l’observer lors de moments très critiques pour résoudre les problèmes qui se posaient. On trouvait assez vite des solutions car on était en équipe réduite. Quotidiennement, chacun prenait ses marques et s’habituait au rythme de tournage. On comprenait aussi assez vite le mode de fonctionnement du village où l’on tournait. Même si les autorisations étaient donné par un chef, il fallait passaient tout les jours par les accords des autres chefs de quartiers bien déterminés dont on ne voyait pas les frontières. Les acteurs non professionnels se prêtaient au jeu des répétitions de prise même s’ils étaient un peu fatigué par tant de prises. J’admire leur implication et leur sérieux." "C’est mon premier film de fiction, c’est ma première fois en pellicule et cette expérience m’a donné envie de recommencer", conclut Hachimiya. "Cela m’a donné un peu plus de confiance car je ne me sentais pas à l’aise pour tourner de la fiction. Maintenant, je sais à qui faire appel pour recommencer cette expérience."
NK
Les projections de "La résidence Ylang Ylang" sont programmées vendredi 10 octobre / 20h30 / Casino ; et samedi 11 octobre / 15h00 / Casino. Le programme du FIFAI 2008 sur : http://www.festivalfilmafriqueiles.fr/fr/accueil/fifai-2008.html |