|
Les faits remontent au 5 avril. Selon le Parquet, l'accident du scooter sur lequel roulent alors Hakim Fadhula et Rahime Bacar Djoumoi, tous deux de Dzoumogne, a lieu "vers 17h00, sur la route entre Barakani et Ongojou", au centre de Mayotte. D'après les villageois, les jeunes se dirigeaient vers le sud afin d'assister à un match de football. Tandis que le premier se trouve toujours dans le coma, le second est mort de ses blessures le 18 avril, après 13 jours de coma. Depuis, une partie des habitants de Dzoumogne réclament la vérité et pensent qu'il ne s'agit pas d'un accident. Selon eux, les deux jeunes auraient été "battus à mort" par des inconnus et laissés ainsi sur la route. Une version des faits reprise par les médias locaux, à laquelle a tenu à s'opposer le Parquet dans un communiqué adressé à la presse le 30 avril. Selon ce communiqué, "cet accident – comme tout accident de la circulation, et plus encore lorsque des blessés importants en sont issue – fait l’objet actuellement d’une enquête judiciaire confiée à la brigade territoriale de Mamoudzou." Cependant, " présence d’un scooter moteur encore en marche, dans un trouée faite dans les à l’heure actuelle, il ressort de l’enquête, et notamment de l’audition de différents témoins, que le jour des faits, Hakim Fadhula a 'emprunté' à un ami un scooter 125 cm3 – pour la conduite duquel il ne disposait pas de permis - et a transporté son ami sur son scooter durant cette journée ; ils ont participé ensemble à un voulé durant lequel ils ont consommé de l’alcool puis sont partis en fin d’après midi pour assister à un match de football ; vers 17 h sur la route entre Barakani et Ongojou un témoin a entendu le bruit d’un cyclomoteur, puis un bruit de dérapage et enfin un bruit d’impact ; ce témoin s’est précipité sur les lieux où il a constaté la buissons du bas-côté à droite de la route et, à gauche du scooter, au pied d’une grosse souche d’arbre d’une hauteur de plus de un mètre, deux corps l’un sur l’autre, portant chacun un casque, visiblement inconscients". "Les premiers soins ont été prodigués aux blessés et les premières constatations réalisées par les gendarmes (notamment par le biais de photos des lieux)", poursuit le communiqué, selon lequel "des prélèvements sanguins ont été effectués sur un des deux blessés le jour des faits 4 heures après l’accident qui ont révélés une alcoolémie de 1,03 g d’alcool par litre de sang, et sur le second blessé le lendemain 16 heures après l’accident qui ont révélés un taux d’alcoolémie de 0,5 g d’alcool par litre de sang." Selon les médecins, Rahime Bacar Djoumoi souffrait d'un traumatisme du foie avec hémopéritoine et saignement actif (hémorragie qui n’a pu être jugulée malgré plusieurs interventions chirurgicales et transfusion et qui a entraîné le décès), tandis que Hakim Fadhula souffrait de lésions cérébrales avec hémorragie méningée et d'un gros traumatisme du thorax avec nombreuses fractures des côtes. "Il convient de préciser que les interventions médicales n’ont permis la découverte d’aucun corps étranger, ni d’autres lésions externes ou fractures de membres", ajoute le Parquet, qui affirme que les médecins n'ont pas décelé de trace de violences autres. Par conséquent, "aucun élément n’a pour l’instant été porté à la connaissance des enquêteurs qui pourrait accréditer l’hypothèse d’une supposée agression", conclut le Parquet. VM
|