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Le 12 septembre, une employée d’une société organisant des
safaris en Zambie a été transférée en Afrique du Sud après avoir développé une
mystérieuse maladie. Deux jours plus tard, elle est décédée dans un hôpital de
Johannesbourg. Durant son évacuation sanitaire, un auxiliaire médical a été
contaminé par la victime et a succombé à la maladie en moins de cinq jours, le
2 octobre dernier. Une des infirmières qui a pris en charge la malade
hospitalisée en Afrique du Sud n’a pas échappé à l’infection. Elle est décédée
le 5 octobre.
Ces trois cas ont présenté des symptômes de fièvre, maux de
tête, diarrhée, douleurs musculaires, éruptions cutanées, dysfonctionnement
hépatique, suivis d’une aggravation rapide de l’état du malade avant la mort.
Comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les résultats
préliminaires des tests effectués par la National institute for communicable
diseases (Johannesbourg) et par les Centers for disease control d’Atlanta
(Etats-Unis) indiquent que l’agent responsable de cette série de fièvres
hémorragiques est un virus de la famille des arenaviridés ou arenavirus. Une
famille connue des épidémiologistes dont il existe 20 espèces, dont seulement 7
sont pathogènes pour l’homme, et qui sont véhiculées par des rongeurs,
réservoirs naturels de ces virus. "C’est la première fois qu’on observe
l’arenavirus en Afrique australe", constate le Dr Philippe Renault,
médecin épidémiologiste à la cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire)
Réunion-Mayotte. "En Afrique de l’Ouest, il y a une centaine de cas de
fièvre de Lassa (maladie de la même famille, ndlr) chaque année.”
(…) Les scientifiques n’ont pas encore réussi à caractériser
complètement le virus. “Cela peut-être une pathologie animale qui est passée
chez l’homme, une forme mutante d’un virus ou bien une nouvelle espèce
d’arenavirus”, précise le Dr Renault.
(…) Environ 150 personnes qui ont été en contact avec les
victimes sont actuellement sous surveillance en Afrique du Sud. Entre-temps,
une quatrième personne a contracté la maladie. Il s’agit d’une infirmière qui
avait été en contact étroit avec l’un des sujets décédés. “Elle est
hospitalisée depuis 10 jours en soins intensifs et placée sous Ribavirine (un
médicament, ndlr). Son état est critique mais stable”, nous apprend le Dr
Renault. Les arenavirus passent des rongeurs à l’homme par contact direct avec
les excréments de l’animal, par ingestion de nourriture contaminée ou par
inhalation de particules elles aussi souillées par l’urine ou la salive du
rongeur. Certains ont la capacité de passer ensuite d’homme à homme au cours de
contacts proches et prolongés, comme dans le cas du personnel médical. (…)
(Le Journal de l'île de la Réunion, www.clicanoo.com)
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