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Sans vouloir se rendre coupable d’un crime de lèse-majesté, Amnesty International (AI) est “troublé” par le refus du Premier ministre de recevoir la délégation chargée de lui remettre une pétition intitulée “Le moment de mettre une fin à l’impunité”. Dans ce document, l’organisation non gouvernementale (ONG) explique ses craintes quant à “une possible opération de cover-up destinée à empêcher la vérité d’apparaître”. Il s’agit de la mort de Rajesh Ramlogun pendant sa détention par la police. Le document, déposé au Prime minister’s office lundi, dénonce le “schéma d’impunité”. L’animateur de la section locale d’AI, Juan Prosper, s’interroge sur la raison pour laquelle Navin Ramgoolam n’a pas jugé bon de rencontrer les représentants de la coalition d’ONG contre “l’impunité, la brutalité policière et la torture”. “S’il décide de ne pas nous recevoir c’est qu’il refuse d’émettre un signal fort contre la police”, accuse Juan Prosper. Celui-ci estime que les conclusions du rapport judiciaire et de celui de la Commission nationale des droits de l’homme doivent être rendues publiques au nom de la “transparence”. Il explique que le cycle d’impunité “inquiète” le siège d’AI à Londres. Dans la lettre explicative accompagnant la pétition, AI affirme que les conclusions de l’autopsie de Rajesh Ramlogun sont “sans équivoques. Rajesh Ramlogun est mort de blessures infligées sous la torture. Nous avons des raisons pour croire que Rajesh Ramlogun est peut-être mort à la suite de mauvais traitements et de l’utilisation excessive de la force par les officiers de la Major Crime Investigation Team”. L’ONG, qui lutte pour le respect des droits humains, estime aussi que la liste des 46 morts en détention depuis 1979 risque de s’allonger sans “un message clair de la plus haute autorité politique du pays disant que la torture et les mauvais traitements contre les détenus sont totalement inacceptables et seront sévèrement punis par des sanctions criminelles et disciplinaires”. La pétition destinée au Premier ministre et ministre des Affaires intérieures demande, entre autres, que les investigations dans la mort de Rajesh Ramlogun soient effectuées de façon “impartiale et indépendante” et que les coupables passent en justice ; le paiement de compensations aux parents des victimes de “violence par les officiers de l’Etat”; la mise sur pied d’un organisme indépendant pour enquêter sur les plaintes contre la police. AI demande aussi plus de “pouvoir et d’indépendance” pour la Commission des droits de l’homme par un amendement du Human Rights Act, ainsi que la “suspension immédiate” des officiers impliqués dans un décès pendant une détention afin d’empêcher “toute interférence dans l’enquête”. Elle réclame que les médecins chargés des autopsies dans ces cas ne soient plus de la police car cela représente “un conflit d’intérêt”. Elle conclut en exigeant le respect des droits des détenus, incluant celui de la présomption d’innocence, et la non-discrimination contre les prisonniers, y compris ceux qui vivent avec le VIH/sida. La pétition a été signée par les ONG engagées dans la lutte contre la brutalité policière, ainsi que par plus d’une trentaine d’artistes. AI envisage de la faire circuler parmi la population. Nicholas RAINER
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