|
Le budget des élections ric-rac |
|
|
|
L'envoyé spécial de l'Union Africaine aux Comores, José Fransisco Madeira, a demandé au cours d'une conférence de presse mercredi 18 juin aux Etats-Unis, qui participent à la mission internationale du scrutin présidentiel d'Anjouan, de contribuer à la résorption du déficit de 250.000 dollars qui reste encore à combler dans le budget global de l'élection. Il a adressé la même demande à l'Afrique du Sud, "un pays frère et ami des Comores", a-t-il dit. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) reste confrontée à un problème d'argent pour poursuivre le processus électoral jusqu'au second tour prévu le 29 juin. Le représentant résidant du système des Nations unies aux Comores, Opia Mensah Kumah, a cependant tenté de rassurer les différentes parties. "Si l'argent tarde à venir, le PNUD sera dans l'obligation de faire une avance pour permettre la tenue du second tour", a-t-il indiqué. |
|
|
Avec 44,18% des suffrages, non seulement Mohamed Djaanfari repousse Moussa Toybou (40,12%) en deuxième position, mais en plus, il le relègue à quatre points. Il se place ainsi en favori du second tour, qui se déroulera le 29 juin. Quant aux trois autres candidats en lice, ils ne dépassent pas la barre des 10% qui leur aurait permis de se faire rembourser leur caution : Sondi Abdoulatuf Soilih recueille 5,6% des voix, Bastoine Soulaïmana 4,89% et Bacar Abdou 4,85%. Ils ne participeront pas au second tour. Le taux définitif de participation est de 42,79%. Avant de rendre publics les résultats du premier tour, la Cour constitutionnelle de l'Union des Comores a annulé 10 bureaux de vote, dont 6 dans la région du Nyumakele, favorable au candidat du pouvoir, Moussa Toybou, et 4 à Domoni, la deuxième ville de l'île. La Cour constitutionnelle a cependant rejeté les deux requêtes en annulation du candidat Mohamed Djaanfari, selon lequel les partisans de son rival auraient empêché ses assesseurs de pénétrer dans deux bureaux de vote - la Cour a estimé qu'il n'y avait pas de preuves. Moussa Toybou a également été débouté dans sa requête demandant l'annulation des résultats d'un bureau de vote à Sima, la ville de Mohamed Djaanfari. Le verdict de la Cour constitutionnelle confirme le constat de la communauté internationale, selon laquelle "le scrutin du 15 juin 2008 a été régulier, libre, équitable et transparent", et celui de la Fédération comorienne des droits de l'Homme (FCDH). Dans un communiqué rédigé le 16 juin, la FCDH affirme que "les rares irrégularités signalées ne sont pas de nature à ôter la sincérité et la crédibilité du scrutin". Forte d'une cinquantaine de personnes qui ont visité 240 bureaux de vote et ont assisté au dépouillement dans 58 bureaux de vote, la mission de la FCDH rapporte que "les électeurs ont voté dans le calme et la sérénité", que "les opérations de dépouillement ont été effectuées correctement", et que "la sécurisation du scrutin a été bien assurée" par l'armée comorienne et les soldats tanzaniens et soudanais sur place depuis le débarquement du 25 mars. Cependant, la FCDH regrette "quelques anomalies" et des "retards" d'ouverture dans certains bureaux de vote. "Partant de ce constat", la FCDH recommande pour le second tour que l'acheminement du matériel électoral se fasse "en temps réel", et que la qualité des urnes et isoloirs soit améliorée. De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a exprimé mercredi 18 juin sa satisfaction quant au déroulement du premier tour des élections présidentielles sur l'île autonome d'Anjouan. M. Ping a salué, dans un communiqué, le déroulement des élections, caractérisé par "le calme et la discipline". Il a également félicité les candidats et la population d'Anjouan pour la "maturité" démontrée au cours de la campagne électorale, et a salué les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour leur soutien aux autorités locales. VM
|