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Le président Sambi l'a confirmé lundi soir lors d'un discours à la nation (lire par ailleurs). Lundi soir, il était cependant impossible de savoir où en était l'offensive. Il était en effet très difficile de communiquer avec Anjouan et Mohéli, où le réseau téléphonique a été coupé respectivement début février et hier matin, alors que les sources d'information officielles restaient muettes. Seule certitude : deux navires chargés de troupes comoriennes et africaines (environ 200 hommes) ont quitté le port de Fomboni, la capitale mohélienne, dans la nuit de dimanche à lundi, en direction d'Anjouan. Selon l'AFP, trois autres navires devaient les suivre dans la journée. Vers 15 heures, selon le témoignage d'un Anjouanais rencontré à Mayotte, parti en début d'après-midi de Domoni vers Mayotte à bord d'un kwassa, un de ces navires se trouvait au large des côtes anjouanaises, "assez prêt". "Ils nous ont arrêté, ont vérifié notre identité et nous ont laissé repartir", affirme notre témoin, selon lequel le navire "était plein de soldats armés". Si des rumeurs ont fait état, dans l'après-midi, d'un débarquement et de la prise de contrôle par l'AND de plusieurs points stratégiques comme la présidence et l'aéroport de Ouani, rien ne permettait d'affirmer lundi soir que le débarquement était effectif. Joint à 17 heures par sa rédaction, le correspondant de Télé Mayotte, Nizar Souffou, affirmait qu'aucun soldat de l'AND n'avait encore posé le pied sur le sol anjouanais. Par ailleurs, aucune dépêche de l'AFP, qui compte sur place un envoyé spécial, n'avait, à 21 heures, confirmé cette thèse. Au sein de la présidence de l'Union, les informations se faisaient au compte-goutte dans l'après-midi. Elles variaient selon les sources. Certains hauts responsables affirmaient que le débarquement avait eu lieu et que l'AND contrôlait des points stratégiques. D'autres assuraient qu'il était trop tôt pour parler d'un débarquement. Selon le service communication de la présidence joint au téléphone à 20 heures, "les soldats ont posé le pied à Anjouan"… "L'assaut est une question d'heures" affirmait une autre source officielle. Qui poursuivait : "Quelques éléments peuvent déjà être allés [sur le sol anjouanais] pour quelques incursions afin de tester l'adversaire". Outre les navires, les hélicoptères ont également été utilisés, mais pour une autre mission : l'un d'eux a survolé l'île durant la journée et a lancé des tracts à la population. Dans ce document, l'AND "informe tous les habitants d'Anjouan qu'elle sera à Anjouan dans les jours ou plutôt dans les heures qui viennent", invitant la population à rester chez elle. "Il est ainsi conseillé aux habitants de ne pas trop s'éloigner de leur domicile, aux élèves de ne plus aller à l'école, aux pêcheurs de ne pas s'aventurer en mer, aux cultivateurs de ne plus aller aux champs, aux marchands ambulants de rester chacun dans sa localité, et tout ceci jusqu'à nouvel ordre", indique le texte. "Vous êtes priés de fermer vos maisons et surtout de ne jamais prendre le risque d'héberger un milicien de la FGA (force de gendarmerie d'Anjouan) ou un proche du régime de Mohamed Bacar", avertit le document. Concernant les éléments des FGA, l'armée comorienne explique que "les moyens aériens, maritimes et terrestres ultrasophistiqués dont dispose actuellement l'AND seront utilisés sans hésitation, ni pitié contre vous si vous ne vous rendez pas immédiatement". "Sachant que vous êtes nombreux à vouloir déserter, il vous sera communiqué le moment venu, l'endroit où vous vous rendrez et où vous serez traités avec dignité, droit et respect", ajoute le texte. "L'AND utilisera toute la puissance de feu qu'elle possède pour libérer les Anjouanais. Cette mission sera facile, moins sanglante si la population d'Anjouan y participe sagement", conclut le texte. Le tract, en français et en comorien, a provoqué des réactions de joie des habitants dans certains quartiers de la ville, et il a été photocopié en plusieurs dizaines d'exemplaires que les gens se lisaient les uns aux autres, a constaté l'AFP. On pouvait imaginer lundi soir que le débarquement serait effectif dans la nuit de lundi à mardi. Lors de son discours pré-enregistré dans la journée de lundi mais diffusé à 21 heures lundi soir, Sambi a donné un petit indice à ce sujet. "Je m'adresse à vous, responsables anjouanais, qui croyiez que les militaires n'allaient jamais venir. Vous allez les voir arriver, s'ils ne sont pas déjà là !" a-t-il déclaré. Nous devrions en savoir plus mardi matin, à l'aube… VM
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