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"Les informations que j'ai en ma possession tendent à démontrer la possibilité d'incrimination", a déclaré M. Jego à la presse tandis qu'un porte-parole du parquet affirmait ne pas avoir d'informations sur cet éventuel appel. Arrivés mardi dernier à Mayotte, fuyant l'intervention armée de l'Union africaine, Bacar et ses hommes auraient dû être jugés samedi pour entrée irrégulière sur le territoire français et infractions à la législation sur les armes de guerre. Mais le tribunal correctionnel a annulé ces poursuites pour vice de forme. Pour annuler la procédure, le tribunal s'est rangé à l'avis de l'avocate de la défense, Me Marie Briot, qui avait mis en cause la prolongation de la garde à vue des prévenus dans la nuit de vendredi à samedi, au commissariat de Saint-Denis. Me Briot avait estimé que cette prolongation constituait une "atteinte aux droits de la défense", aucun acte de procédure n'ayant été établi après qu'elle eut été décidée. Le colonel Bacar et ses hommes avaient été placés en garde à vue dans la nuit de jeudi à Saint-Denis, après leur arrivée dans un transall de l'armée de l'air française. Le parquet dispose de dix jours pour faire appel. "Bacar est actuellement placé sous surveillance de la gendarmerie dans un bâtiment militaire à La Réunion, et sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière. Le préfet Pierre-Henry Maccioni avait précisé samedi avoir décidé une assignation à résidence administrative qui permettra à l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) d'examiner les demandes d'asile politique du colonel et de ses hommes "dans les jours qui viennent". Dimanche matin, des manifestants d'origine comorienne ont rallié la préfecture pour déposer une motion demandant que le colonel soit renvoyé et jugé aux Comores. Vêtu d'un polo et d'un pantalon beige, chaussé de tongs, le président déchu, 46 ans, était lors de l'audience entouré sur le banc des prévenus par les 22 militaires de sa garde rapprochée, la plupart pieds nus et en bermuda. Cinq interprètes comoriens avaient été désignés pour les assister, bien que la plupart d'entre eux parlent le français. Interrogé par des journalistes pendant une interruption d'audience, le colonel Bacar a déclaré avoir un "moral d'acier". A la question "avez-vous peur d'être renvoyé aux Comores ?", il a répondu: "aux Comores, oui". Avant le procès, une centaine de manifestants comoriens avaient déployé devant le palais des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "stop à l'humilitation du peuple comorien, la France complice" ou "expulsez l'animal". Avec AP et AFP
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