|
Le 24 septembre au matin, 330 villageois karen en provenance d’une dizaine de villages du district de Dooplaya dans le sud de l’état Karen se sont rassemblés devant l’école de Kawkareik. Ce groupe comprenait des moines bouddhistes, des professeurs bouddhistes et chrétiens, des parents et des étudiants des villages voisins. Les responsables de la communauté et les moines ont fourni des renseignements concernant le large mouvement de protestation en court dans le pays et ont demandé à l’ensemble des personnes présentes dans le respect de leur croyance réciproque à appeler à la paix dans le pays, à la fin de la violence et au triomphe de la tolérance et de la bonté en Birmanie et dans le reste du monde.
Selon un chercheur de l’organisation Karen Human Rights Group de cette région, “ces villageois vivant dans les zones rurales approuvent ces manifestations qui reflètent leurs propres sentiments sur l’augmentation du prix de l’essence et des marchandises”.
Les villageois ont décidé de poursuivre leurs réunions et leurs actions en tenant compte de la situation militaire au niveau local. Cette prudence des villageois, par rapport à ce qui se passe depuis quelques semaines dans les grands centres urbains, est due à la forte présence militaire dans leur région, les soldats agissant en toute impunité sur l’ensemble de l’état Karen.
Dans les zones rurales où la population n’est pas très dense et peu nombreuse, les individus sont plus facilement identifiés et les actes de violence punis sévèrement. De plus en plus de Karen souhaitent participer à ces mouvements de protestation qui sont en cours dans les villes, d’autant plus que pour le moment les militaires sont restés relativement calmes. Ces actions (réunions, manifestations) s’ajoutent aux actes quotidiens de subversion subtile et de résistance que les villageois karen poursuivent depuis longtemps. Elles démontrent également la solidarité des karen avec ce large mouvement pluri-ethnique de protestation en cours actuellement.
Même si la communauté internationale focalise son attention sur les manifestations dans les grands centres urbains, il ne faut pas oublier que ce mouvement touche l’ensemble du pays, et que les zones rurales, à l’écart des caméras et oubliés des médias internationaux risquent de connaître une forte répression. La généralisation du mouvement doit pousser la communauté internationale à agir.
Plus d’informations sur le site du KHRG (Karen Human Rights Group)
|