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Les enseignements du scrutin cantonal |
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Plusieurs enseignements à tirer de ce scrutin cantonal. Tout d'abord, il ne fait pas bon être le candidat sortant : sur 10 sièges remis en jeu, seuls 2 ont été conservés par leur titulaire - ceux d'Acoua et de Labattoir. Tous les autres, et pas des moindres –Kamardine, Ali Boto, Chihaboudine, Soula- ont été battus. Usure du pouvoir ? Mécontentement de la population quant à leur action au sein de l'assemblée ? Plusieurs raisons peuvent expliquer ces défaites surprenantes. Mais la principale est certainement d'ordre général : l'on observe une véritable cassure entre l'électorat et les élites politiques. Seul bémol à cette analyse : le taux de participation à ce second tour (61,7%), largement supérieur à celui du 1er (55,6%).
Deuxième enseignement : la bipolarisation de la vie politique à Mayotte bat de l'aile. Après les combats MPM/RPR dans les années 80 et 90, et MDM/UMP depuis quelques années, l'on assiste à une explosion des candidatures sans étiquette ou émanant de petits partis. Ainsi sur les 10 nouveaux élus que compte le Conseil général ce lundi 17 mars, l'on dénombre seulement 2 UMP et 2 MDM ; les autres sont Néma (2), PS (1) ou sans étiquette (3). Cette configuration ne donne aucune majorité claire dans la nouvelle assemblée. Le nouveau président du Conseil général qui sera élu jeudi 20 mars devra donc gérer une alliance difficile à gouverner. Si une coalition UMP/ MDM en vue du prochain référendum sur le statut de Mayotte n'est pas à exclure, elle semble peu réaliste. Cette configuration pourrait favoriser Saïd Omar Oili, qui pourrait comme en 2004 imposer sa personnalité pour rassembler diverses tendances (MDM, sans étiquette, Néma, PS).
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Sada : le fiasco KamardineC'était dans l'air depuis sa défaite aux élections législatives de 2007 : Mansour Kamardine n'est plus l'enfant prodigue de la politique mahoraise. Défait l'année dernière par Abdoulatifou Aly, l'ancien député a été une nouvelle fois battu hier par l'un des fondateurs du Parti socialiste, Ibrahim Aboubacar. Celui qui se présentait sans étiquette a recueilli 52,26% des voix contre 47,74% à son adversaire. Outre la révolution que cette défaite représente dans le canton historique du RPR (devenu UMP), il s'agit d'un coup d'arrêt peut-être irrémédiable dans l'ascension politique de celui qui fut en 1983 le plus jeune maire de France, à 24 ans. Aujourd'hui, Mansour Kamardine, leader de l'UMP, ne possède plus aucun mandat électoral. Dembéni : la surprise Sarah MouhoussouneLe "Tous sauf Soula" a aussi bien marché à Dembéni que le "Tous sauf Kamardine" à Sada. Le conseiller sortant, président du groupe UMP à l'assemblée départementale lors du dernier exercice 2004-2008, a été battu d'un fil hier par la candidate du Néma (le parti de Oili), Sarah Mouhoussoune, qui l’emporte avec 50,86% des suffrages. Celui qui aurait pu postuler à la présidence de l'assemblée comme en 2004 –il avait alors perdu face à Oili- n'a pu faire face à la coalition dirigée contre lui par Saraha Mouhoussoune et le maire (battu) de la commune, le très influent Ambdi Ahamada. Il s'agit d'un coup d'arrêt surprenant dans l'ascension politique de celui qui s'était imposé comme le conseiller général le plus combatif à l'encontre de la majorité. Tsingoni : l'UMP défaitTsingoni est le troisième canton clef dans la course à la majorité (avec Sada et Dembéni) où l'UMP, pourtant titulaire du poste de conseiller général depuis 2001, a été défait. Le duel entre l’UMP Madi Abdou Mohamed et le sans étiquette Issoufi Hamada a en effet tourné à l’avantage du second, qui l’emporte in extremis en recueillant 50,77% des suffrages. Acoua : Soiderdine, le seul sortant rééluLes électeurs du canton d'Acoua possèdent avec ceux de Labattoir la particularité d'avoir réélu le conseiller sortant. Après Saïd Omar Oili réélu lors du 1er tour avec 64% des voix en Petite Terre, Soiderdine Madi réussit à conserver son poste face au divers droite Ousseni Hamada, lui aussi d'un fil avec 50,27% des voix. Ancien cadre de l'UMP, Soiderdine Madi, qui avait à plusieurs reprises soutenu la politique de Saïd Omar Oili entre 2004 et 2008, s'est présenté à ces élections sous l'étiquette du MDM (Mouvement départementaliste mahorais). Il s'agit donc d'une nouvelle perte pour le parti du président français. Mamoudzou 1 : Bacar Ali Boto évincéAutre grande surprise de ce scrutin : la défaite du 1er vice-président de l'assemblée départementale entre 2004 et 2008, Bacar Ali Boto (Alliance). Ancien président du Mouvement des citoyens (MDC) et du FRAP, celui qui présida la SIM entre 2004 et 2007 et qui faisait figure au soir du 1er tour d'homme fort de la capitale perd son siège (il perd aussi la mairie). L’UMP Assani Ali (53,97%) le devance assez largement. Il s'agit d'une très lourde défaite pour celui qui visait la présidence de l'assemblée. Mamoudzou 2 : la révolution Tavanday Sur Télé Mayotte hier soir, l'on n'hésitait pas à parler de la chute d'un baobab. La défaite de Chihabouddine Ben Youssouf, vieux routard de la politique locale, marque peut-être la fin d'une carrière politique fluctuante pour celui qui fut le 2ème vice-président du Conseil général entre 2004 et 2008 et qui se présentait sans étiquette à ce scrutin. Il a été largement battu par le candidat des jeunes, Zaïdou Tavanday (55,92% des voix) qui, adhérent de l'UMP, se présentait toutefois sans étiquette à cette élection. Sa victoire symbolise l'émergence d'une nouvelle génération d'hommes politiques. Mamoudzou 3 : Jacques Martial l'emporteDans le canton de Mamoudzou 3, où le sortant Ali Abdallah s'était désisté après le 1er tour, le divers droite Jacques Martial Henry l’emporte avec 51,03% contre l’UMP Anthoumani Soudjay (48,97%). Adhérent du MDM, candidat sans étiquette mais soutenu par le parti Alliance, la victoire du fils du docteur Martial Henry représente une nouvelle défaite pour l'UMP, pourtant favori à l'issue du 1er tour. Bouéni : victoire de Mirhane OusséniAprès un premier tour très controversé –l'on a compté plus de 500 procurations et nombreux sont les habitants qui accusent le candidat Ousséni Mirhane d'avoir acheté des votes-, le canton de Bouéni voyait s'opposer au 2nd tour deux candidats du MDM. Comme dans la majorité des autres cantons, le conseiller sortant a été sanctionné : Fahar Madi ne recueille que 44,81% des voix et laisse son siège à Mihane Ousséni (55,19%). Mtsamboro : victoire de l'UMPA Mtsamboro, où le conseiller sortant avait été éliminé dès le 1er tour, l’UMP Ali Bacar l'emporte contre le MDM Madi Souffou avec 52,10% des suffrages. Il est le deuxième (et dernier) candidat de l'UMP à l'emporter.
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