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Beaucoup de choses manquent à nos communes"", constate Abdallah Souf Safi, maire de la commune du Chiconi, après un séjour de quelques jours à Bras-Panon. Celui-ci, accompagné de 17 personnes, s'est rendu dans l'Est de la Réunion pour signer un accord de jumelage avec son homologue Daniel Gonthier. Les , premiers contacts ont été pris l'an dernier lorsqu'un conseiller municipal de Chiconi, ancien agriculteur s'est rendu à la 29ème Foire agricole de Bras-Panon. ""Il a constaté de nombreuses similitudes entre les deux communes. Tout d'abord le territoire des deux communes est exigu. Nous avons 6.000 habitants, eux en ont 8. 000. La majorité sont des agriculteurs"", affirme Anassi Daniel, secrétaire général de la mairie de Chiconi et qui a lui aussi fait le voyage sur l'île Bourbon. En revanche, l'agriculture pratiquée à Bras-Panon est largement mécanisée et intensive contrairement à ce qui se passe à Chiconi et Mayotte en général. De grosses différences, il y en a aussi en ce qui concerne la gestion municipale. ""C'est le jour et la nuit"", déclare un poil envieux Anassi Daniel. Le budget annuel de fonctionnement de Bras-Panon s'élève à 15 millions d'euros alors que celui de Chiconi n'atteint que 1,7 million d'euros. ""L'organisation du travail est vraiment différente. Ils ont beaucoup de personnes qualifiées, des chefs de service dignes de ce nom contrairement à nous. Notre service technique est embryonnaire, là-bas tout est interne : urbanisme, architectes, ingénieurs, etc. Ils n'ont même pas besoin de faire appel à un bureau d'études pour concevoir un projet, tout est fait par les services municipaux"", déclare admiratif le secrétaire général. Le jumelage va permettre aux Chiconiens de bénéficier du savoir-faire des Panonais. Des échanges vont être réalisés dans les domaines, écologique, sportif, culturel, social et professionnel. Deux stagiaires de Chiconi ont pu s'immerger pendant une semaine dans les services de la commune de Bras-Panon en comptabilité et à l'état civil. L'autre but avoué de ce jumelage est d'inciter les Mahorais installés à Bras-Panon et à la Réunion à s'impliquer dans la vie de la cité. ""Les Mahorais ne sont pas très intégrés à la Réunion. S'ils voient que les choses se passent bien entre les autorités de Bras-Panon et nous, ils vont sortir de leur coin et voudront faire des choses semblables"", avance Anassi Daniel. Celui-ci est convaincu que les Mahorais doivent s'ouvrir vers les autres, d'où l'intérêt de ce jumelage. Mais il ne faut pas que l'amélioration de la gestion communale se fasse aux dépends de l'identité mahoraise. A Bras-Panon, il y a 57% de chômeurs, de nombreux Rmistes ne veulent pas travailler et préfèrent toucher cette prestation sociale au risque de perdre leur dignité. ""Un élu réunionnais a dit qu'il nous enviait car nous avons su garder nos valeurs. Selon lui, cela a disparu à la Réunion par une trop grande volonté de s'occidentaliser"", raconte Anassi Daniel. Les élus de Chiconi sont prévenus, ils savent ce qu'il convient de ne pas faire pour vendre l'âme de leur commune. F.S. |