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Ce n'est même plus une inflation, c'est un raz-de-marée. Alors que la semaine dernière, le dernier bilan du nombre de personnes atteintes officiellement par le chikungunya était de 6.240 cas, hier, il est passé à 43.750. 25% de la population de l'île aurait ainsi été atteinte par le virus, a annoncé hier la direction des affaires sanitaires et sociales de Mayotte, au cours d'une conférence de presse à la préfecture. Comment expliquer cette augmentation ? La réponse est simple. La Dass est passée d'un mode de calcul prenant uniquement en compte les déclarations des médecins, à un système basé sur une étude de séroprévalence. L'ancien mode de calcul ne représentait en rien la réalité. De nombreux travailleurs de la santé le disaient avec force depuis plusieurs semaines. Et pour cause : peu de personnes sont allées voir un médecin, soit parce qu'elles sont sans-papiers, soit parce qu'aucun remède n'existant, elles ne jugeaient pas utile de faire la queue au dispensaire ou chez le médecin. Hier, Alain Perrin, directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) l'a d'ailleurs reconnu sur RFO : "Nous savions que ce mode de calcul ne représentait pas la réalité. Mais il nous permettait de donner une tendance : si l'épidémie augmentait ou baissait, et dans quelles zones elle était la plus forte". Le système aujourd'hui mis en place "est ainsi plus précis", a-t-il affirmé. Il se base sur les analyses de sang de près de 600 femmes enceintes qui sont passées par la maternité de Mamoudzou.
"Nous faisons des annonces certaines"
Alain Perrin s'est en outre défendu d'avoir tardé à mettre en place ce mode de calcul. "Nous avions nous aussi tiré la sonnette d'alarme dès le début", a-t-il indiqué. "Nous savions que les anciens chiffres ne représentaient pas la réalité. Mais on ne pouvait pas donner de chiffres a priori. Nous faisons des annonces certaines et pour cela, nous avons dû attendre que soit réalisée dette enquête." De plus, a-t-il ajouté, "les moyens mis en place à Mayotte avaient été anticipés. Les renforts hospitaliers et matériels sont arrivés bien avant" que l'épidémie ne grimpe. Mais, a-t-il rappelé, "la lutte contre le moustique est de longue haleine", cela ne se fera pas en un jour. La semaine dernière, le Conseil général a financé le nettoyage de la petite terre et notamment des carcasses de voitures, qui sont des nids à moustiques des plus douillets.
RC |