|
La semaine dernière, le préfet a estimé que l'élection de Roukia Lahadji le 15 mars à la tête de la mairie de Chirongui, une commune du sud de Mayotte, était entachée d'irrégularité. Initialement programmée le vendredi 14 mars, l'élection avait été repoussée au lendemain à cause d'une manifestation devant la mairie. Opposés à l'élection de Roukia Lahadji, des dizaines de partisans de Dhoifir Ahmedomar, tête de la liste "Uvoimoja" et donc colistier de Mme Lahadji, avaient empêché les conseillers favorables à Lahadji, arrivés en bus, de pénétrer dans la mairie. L'ancien maire, battu lors de ces élections, Mohamed Abdou (UMP), avait alors convoqué les élus pour le lendemain, ne respectant ainsi pas le délai de 24 heures devant séparer deux conseils municipaux. Le préfet de Mayotte, M.Bouvier, a estimé que l'élection n'était pas valide et entend l'annuler. Toutefois, la nouvelle majorité ne l'entend pas de cette oreille. La maire estime que la voix du préfet, dans cette affaire, n'a aucune légitimité. "C'est au tribunal d'en décider", estime un conseiller proche de Mme Lahadji. Cette dernière dit attendre une démarche auprès du tribunal administratif et un éventuel jugement de la juridiction compétente pour organiser une nouvelle élection. "Je n'ai pas à subir les irrégularités de mon prédécesseur", affirme-t-elle. D'ores et déjà, de nombreuses pressions pèsent sur les épaules des conseillers municipaux de la majorité. "Les partisans de Dhoifir et de l'UMP, qui se sont alliés après le 1er tour, n'arrêtent pas d'exercer des pressions sur nos plus jeunes conseillers", affirme l'un d'eux. "On ne sait pas s'ils résisteront." L'élection de Roukia Lahadji avait provoqué une polémique le 15 mars. Dhoifir Ahmedomar estimait qu'en tant que tête de liste, il lui revenait d'être le maire, après la victoire d'Uvoimoja dès le 1er tour contre l'UMP. Ses colistiers n'étaient pas d'accord, estimant que dès le début de la campagne, il avait été décidé de ne pas nommer le futur maire, dans le but de ne pas faire exploser cette liste qui réunissait des membres de plusieurs partis (MPM, MDM, PS, Néma). Au lendemain du premier tour remporté avec 93 voix de plus que l'UMP, quatre personnes issues de cette liste s'étaient portées candidates au poste de maire : Mlaïli Condro, Rahmatou Younoussa (fille de Bamana), Dhoifir Ahmedomar et Roukia Lahadj. Cette dernière l'avait emporté avec 17 voix contre 12 à son adversaire (rejoint par l'UMP), tandis que les deux autres s'étaient désistés. VM
|