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Les jurés de la Cour d'Assises de Moroni n'ont eu aucun mal à rendre leur verdict mardi 4 juin sur l'affaire Abdelaziz Fekkak. Toutes les preuves de la culpabilité du Marocain dans le meurtre de son épouse, Faouzia Taïnamoro, étaient réunies. L'accusé, incarcéré à la prison de Moroni depuis ce meurtre, a avoué son acte, et en a même expliqué les raisons. Les jurés ont donc reconnu l’homme coupable "de meurtre avec préméditation" sur son épouse dans la journée du 9 novembre 2005 à Moroni, et l’ont condamné à la peine de mort, conformément au Code pénal. La loi accorde dix jours au président de la République pour accorder ou non sa grâce au condamné. Après ce délai, le meurtrier devra être passé aux armes dans un camp militaire. Dans sa cellule, Abdelaziz Fekkak ne se fait cependant aucune illusion sur son sort. Après le verdict rendu par la Cour, il a eu ces quelques mots : “J’aurais déjà été tué si j'avais été dans mon pays, au Maroc". Au cours de son procès qui a duré deux jours, l'accusé n'a cherché à aucun moment à se disculper. Selon son récit, le 9 novembre 2005, sa décision d'assassiner sa femme avait été planifiée. "Je me suis rendu au marché Volo-volo [de Moroni, ndlr] pour acheter une machette. Une fois à la maison, je l'ai placée sous le lit puis je l'ai déplacée pour la dissimuler sous les escaliers." Durant tout son témoignage raconté avec une froideur macabre, la salle pleine à craquer a retenu son souffle. L'histoire, à l'époque, avait choqué l'opinion, tant par la nature du crime que par la personnalité de la victime, issue d'une famille très appréciée dans la capitale. Marocain arrivé des années auparavant aux Comores, Abdelaziz Fekkak se trouve à la maison à midi pour le repas. Son épouse Faouzia Taïnamoro et ses enfants sont tous là. La famille finit de manger et quitte la table. Comme d'habitude, les enfants retournent à l'école. Faouzia rentre dans sa chambre avec son bébé de quatre mois dans les bras. "Je la rejoins dans la chambre, la machette à la main" poursuit Fekkak. Avant de raconter l’indescriptible... Selon l'examen médico-légal ordonné par la justice, la victime a reçu 30 coups de couteaux, dont 28 coups plantés. "Il y a eu de multiples plaies sur la tête, le visage, les membres supérieurs et inférieurs. Il y avait du sang partout, sur le lit, sur la porte, sur le mur, dans le couloir et entre les chambres. Les cheveux arrachés de la victime étaient dispersés un peu partout dans la maison", dévoilent les pièces du dossier. Selon l'expertise médicale, la mort a été lente. “Elle est survenue au bout de quatre heures". Si le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, ne décide pas de le gracier, Abdelaziz Fekkak sera exécuté. Il ne sera pas seul : au cours d'une semaine chargée, la Cour d'Assises de Moroni a condamné trois autres personnes à la peine de mort - elles aussi pour meurtre. VM
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