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"L'esprit et la lettre de Fomboni" |
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Le 11 septembre dernier, l'envoyé spécial de l'Union africaine aux Comores, Francisco Madeira, avait défendu l'idée d'une conférence inter-îles, qui aurait pour mission de réviser la Constitution "dans le respect de l'esprit et de la lettre de l'accord de Fomboni du 17 février 2001, qui a scellé la réconciliation nationale et permis de doter le pays de nouvelles institutions". Selon lui, il reste à lever "les susceptibilités et les doutes" pour mettre rapidement en place le Comité technique préparatoire de la conférence, dont les noms des représentants des différentes parties prenantes doivent être rapidement communiqués à l'Union africaine, afin de pouvoir fixer la date, le lieu de la réunion et les termes de référence. |
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"Un petit pays comme le nôtre ne peut pas se payer le luxe d’avoir toutes ces institutions", a-t-il déclaré à l’occasion de la fête de l’Aid el-fitr mercredi 1er octobre, qui marque la fin du mois de Ramadan. Et d'ajouter : "Avec ou sans moi, on devra un jour réviser cette constitution. Autant donc le faire maintenant."
Adoptée en 2001 suite aux accords de Fomboni, la Constitution de l'Union des Comores, qui avait pour mission de répondre à la crise séparatiste anjouanaise de 1997, fonctionne sur le principe de l'autonomie des îles. Chacune des trois îles des Comores indépendantes compte un Président, un gouvernement et une Assemblée, auxquelles s'ajoutent les institutions de l'Union – également un Président, un gouvernement et une Assemblée. Cette architecture très lourde est surtout très coûteuse, estiment ses détracteurs.
M. Sambi avait été accusé en juin dernier par le président de Mohéli de vouloir mettre à mal le système de la tournante (après la Grande-Comore en 2002 et Anjouan en 2006, c'est au tour de Mohéli d'assumer la présidence de l'Union en 2010), ce qu'il avait nié. Il est également régulièrement soupçonné par ses opposants de vouloir modifier la Constitution pour rester au pouvoir – ce que lui interdit la loi. Le 6 juillet dernier, lors de la fête de l'indépendance, il s'était déjà prononcé en faveur d'arrangements institutionnels (lien vers article).
Par ailleurs, le chef de l’Etat envisage de réviser la Constitution afin de réduire la fréquence des élections aux Comores : il veut regrouper les élections législatives et présidentielles qui, au rythme actuel, au niveau de l’Union et des îles, ne sont pas supportables pour l’économie comorienne, estime-t-il alors que les législatives des îles prévues en 2008 n'ont toujours pas eu lieu. "Le pays ne peut pas se payer le luxe de tenir chaque année une élection alors qu’il est pauvre. On ne peut pas chaque fois nous tourner vers la communauté internationale pour financer ces scrutins. Au rythme actuel des choses, nous aurions dû organiser, cette année, des législatives à Anjouan et Mohéli, puis tenir les législatives de l’Union en 2009, ensuite le scrutin présidentiel en 2010. Ne serait-ce que la dernière présidentielle, elle nous a coûté 300 millions", a-t-il dévoilé.
Enfin, M. Sambi souhaite accorder au président de l'Union la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale. "De nombreux députés se comportent aujourd’hui comme des opposants et prennent plaisir à rejeter les projets de loi du gouvernement. Je veux que le président ait la latitude de changer le parlement s’il estime que les députés constituent un frein au développement du pays", a-t-il déclaré.
"Même s’il faut écourter mon mandat pour regrouper les élections, je suis prêt à le faire", a conclu le chef de l’Etat comorien, ajoutant qu’au cas où les partis politiques refuseraient de participer à une conférence inter-comorienne sur le sujet, il soumettrait le texte de révision constitutionnelle au vote des Comoriens via un référendum. "C’est vous qui aurez le dernier mot" a-t-il lancé en direction de la population. La plupart des partis politiques de la Grande-Comore se sont déjà opposés à la tenue de cette conférence. NK (avec APA)
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