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Une fois n’est pas coutume, pour commencer la revue de presse de cette semaine, parlons de ce qui s’est passé la semaine dernière, à Mayotte. Le Mahorais, Mayotte Hebdo et Kashkazi reviennent tous trois sur la destruction du quartier de Tsoundzou 1 situé en bordure de la mangrove ; c’était mardi 15 novembre. Et tous trois emploient des termes très forts pour évoquer "un paysage d’après-guerre voire de catastrophe" (Le Mahorais), qui fait penser aux lendemains "des passages de cyclones" (Kashkazi). Denise Marie Harouna, dans Mayotte Hebdo, revient sur la "douleur" des habitants délogés et évoque les "souvenirs" de ces derniers. On y apprend que ce quartier avait été construit par Roger Rossolin et Amina, et que "les gens qui se sont installés ici venaient d’Afrique, Mohéli, Madagascar, Anjouan… tout le monde était pareil", dit un sexagénaire. Le Mahorais de son côté évoque le cas des 68 familles à reloger, et cite cette phrase d’un habitant : "Ils nous sortent de chez nous pour construire la rocade, non pas pour sauver la mangrove". Dans le même esprit, Kashkazi finit son article ainsi : "Au milieu du désert (…), une parabole trône telle un étendard planté par les vainqueurs de la bataille. Bientôt, il y aura une rocade ici."
Il est toujours question de l’Etat français et de ses actions à la page 3 de Mayotte Hebdo. Marc Abonnat y raconte une descente de l’inspection du travail dans des hôtels-restaurants du sud de l’île. Une opération médiatique menée par Didier Perino, le directeur de la DTEFP (Direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle), qui rappelle en tous points celles menées par Nicolas Sarkozy. On y lit un Perino des grands jours, shérif à ses heures perdues, et on se demande bien quel est l’intérêt d’un tel reportage si ce n’est pour faire la publicité du directeur du travail…
Dans le même ordre d’article, citons le sujet du Mahorais, le journal qui dit ne pas défendre l’UMP, intitulé "Mansour Kamardine se bat pour Mayotte à l’Assemblée". Un sujet qui est en fait le discours du député quant au budget 2006 du gouvernement de Villepin.
Restons à Mayotte avec le dossier de Mayotte Hebdo consacré à l’immigration légale, intitulé "Le choix de vivre à Mayotte". On y apprend que 90% des étrangers en situation régulière sont comoriens, 7% malgaches, mais qu’on trouve aussi dans l’île des Yéménites, des Pakistanais, des Mauritaniens, des Slovaques ou encore des Péruviens. "Aussi étonnant qu’inattendu, plus de quarante nationalités différentes cohabitent officiellement en toute sérénité dans notre île (…) Ces "étrangers" en situation régulière (…) ne sont pas tous célèbres ou richissimes". L’hebdo du vendredi évoque en outre les récents événements anti-Anjouanais et la perception de ces "étrangers" en règle : "Ils se sentent écoeurés (…) par ces agissements plus que dommageables à leur propre intégration".
Kashkazi pour sa part consacre son dossier de la semaine à la santé dans l’Union des Comores. "El-Maarouf, un hôpital entre la vie et la mort", titre l’hebdomadaire du jeudi. "Côté face, une… façade rénovée qui n’a rien à envier aux autres établissements. Côté pile, une ruine déshumanisée. Des pavillons vétustes, un plateau technique obsolète, un personnel démotivé et miné par des conflits d’intérêt, de l’argent dilapidé… L’hôpital El-Maarouf se meurt en silence" écrit le journal des quatre îles. "Jamais le principal hôpital des Comores n’avait touché le fond à ce point et en un laps de temps aussi court. Mais il a fallu peut-être arriver à ces profondeurs abyssales pour que tombe le masque", conclut Kamal’Eddine Saindou, qui raconte "le quotidien" de cet hôpital, fait "de ces destins en sursis, de cette course permanente contre la mort".
RC
La pluie de cendre à Moroni (lire ci-dessus) ne nous a pas permis de nous procurer le journal Al-Watwan. |