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Contrairement à la veille, lors de sa visite à la Réunion, également touchée par l'épidémie, le chef du gouvernement n'a annoncé aucune dotation chiffrée. Il a demandé à ce que "l'une des priorités de l'action de l'Etat pour les années à venir soit la généralisation d'un système de ramassage et de traitement des ordures ménagères sur tout le territoire de Mayotte". Les dépôts d'ordures ménagères, organisés de manière anarchique dans l'île, ainsi que les carcasses de voitures, nombreuses, sont des nids importants pour le moustique vecteur de la maladie. "De gros efforts ont déjà été entrepris, avec l'enlèvement de plusieurs centaines de carcasses de voitures, et de plus de 110 tonnes de déchets encombrants", a déclaré Dominique de Villepin lors d'un discours télévisé. "L'Etat continuera son travail en collaboration avec la collectivité départementale et les communes". M. de Villepin a en outre assuré que le dispositif d'aide aux entreprises mahoraises confrontées à une baisse de résultat du fait du chikungunya sera maintenu "aussi longtemps que nécessaire". Ce dispositif concerne essentiellement les entreprises touristiques, sur lesquelles le Premier ministre a demandé "de prêter la plus grande attention". Arrivé à 13h30 à l'aéroport de Pamandzi en provenance de la Réunion, le Premier ministre, accompagné de trois membres de son équipe, François Baroin, ministre de l'Outremer, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, et François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, a inauguré une heure après l'Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), situé à Mamoudzou, le chef lieu de cette collectivité départementale de l'océan Indien. "Désormais, Mayotte peut former sur son sol nombre de professionnels de santé dont l'île a besoin", a-t-il déclaré devant un parterre d'élus et de personnel soignant. Il a profité du discours d'inauguration pour affirmer que l'accès à un système de soins plus moderne et adapté aux besoins des Mahorais représente "le premier défi que nous devons relever ensemble". Il a annoncé la réhabilitation prochaine de l'hôpital de Dzaoudzi (Petite Terre), "qui garantira une offre de soins complète", et l'ouverture de lits de psychiatrie à l'hôpital de Mamoudzou. Deux jours après le vote par les députés français de la loi sur l'immigration, Dominique de Villepin a abordé ce thème très sensible à Mayotte. Avant de visiter le Centre d'exploitation des radars mis en place l'année dernière pour contrôler le trafic maritime entre Mayotte et Anjouan, située à 70 kilomètres au nord, il a dit lors d'une conférence de presse improvisée sur la barge qui relie Petite à Grande Terre : "Je connais la complexité de la question de l'immigration à Mayotte. Il convient de trouver une réponse spécifique, d'observer avant de décider des mesures qui s'imposent". Le Premier ministre a annoncé que Mayotte bénéficierait bientôt d'un troisième radar. Près du tiers de la population totale de l'île (160.000 habitants selon les dernières études de l'Insee) serait étrangère. Nombreuses sont les personnes à se rendre clandestinement sur cette île française depuis les îles voisines comoriennes. M. de Villepin a également évoqué la loi Sarkozy : "Nous mettons en place une politique d'ensemble. A côté de la politique de l'immigration, il y a la politique de l'intégration. L'immigration n'est pas une politique isolée. C'est une politique d'ensemble : d'immigration, d'intégration, de coopération", a-t-il indiqué. "C'est la vision française, celle que nous voulons faire partager à l'ensemble de l'Europe. Il faut que nous soyons, nous Européens, capables de dégager plus de moyens. Le travail avec les pays du Sud englobe plusieurs enjeux : la sécurité, le terrorisme, l'immigration. Des enjeux humais aussi." Concernant le voyage de Nicolas Sarkozy au Mali, il a estimé que ce n'était pas un mauvais moment pour s'y rendre. La foule, venue nombreuse l'accueillir à l'aéroport ou au vice-rectorat, que M. de Villepin a inauguré à 15 heures locales, ainsi que l'éloignement géographique avec la métropole, n'ont toutefois pas permis au Premier ministre d'oublier l'affaire Clearstream, que les journalistes ont tôt fait d'évoquer. Après les dernières révélations, il a déclaré que "la vie continue. J'ai ma réponse. Il y a des déclarations, des réactions. Pour ma part, je parle de la réalité que je connais, de ce que j'ai vécu". M. de Villepin a quitté le territoire à 18 heures locales. Pour Hamada Ali Hadhuri, maire (PS) de Bouéni, "cette visite n'est que du vent, il n'a rien annoncé de concret". Saïd Omar Oili, président sans étiquette du Conseil général, a pour sa part dénoncé une visite politique : "Il est venu en campagne soutenir Mansour Kamardine", le député (UMP) de Mayotte. "Il n'a rien amené avec lui". La venue de M. de Villepin sonnait comme un événement dans cette île qui s'est battue depuis plus de trente ans pour rester française, et qui avait refusé l'indépendance en 1976, contrairement aux trois autres îles de l'archipel des Comores. Il s'agissait de la première visite d'un Premier ministre depuis celle de Lionel Jospin, en janvier 2001. Toutefois, l'accueil n'a pas été aussi festif que prévu. Une centaine de manifestants ont tenté en vain de lui barrer la sortie de l'aéroport. Réunis sous les banderoles de la CGT-Mayotte, ils réclamaient une hausse des salaires et l'intégration des agents mahorais dans la fonction publique. La veille, le Conseil général s'était fendu d'un communiqué dénonçant le peu d'intérêt accordé par le Premier ministre aux élus locaux, qui n'ont pas pu s'entretenir avec lui.
RC
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