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L'apport des différentes diasporas dans l'économie des pays d'origine est loin d'être négligeable. Chaque année, ce sont 180 milliards de dollars qui transitent dans le monde entre les pays d'accueil et les pays d'origine des migrants. Ces fonds représentent 2,5 % du produit intérieur brut de l'Afrique et 5 % de celui de l'Asie Une étude conduite par la Banque africaine de développement (BAD) auprès de 2 000 ménages, publiée lundi 28 janvier, chiffre, en 2005, à 1,5 milliard d'euros les fonds envoyés de France au Maroc, à 449 millions d'euros ceux transférés au Sénégal, à 295 millions d'euros les sommes envoyées vers le Mali et à 70 millions d'euros celles vers les Comores. Ils pèsent, pour les Comores, 24% du produit intérieur brut (PIB) du pays et 346 % de l'aide publique au développement dont il bénéficie. Ces pourcentages sont respectivement de 19 % du PIB et de 218 % de l'aide pour le Sénégal, de 11 % du PIB et de 79 % de l'aide pour le Mali et de 9% du PIB et 750% de l'aide pour le Maroc. Cette masse financière qui circule ne pouvait qu'intéresser les établissements bancaires et autres sociétés de transferts de fonds qui ont fleuri depuis les années 90, notamment en Afrique. Il ressort de cette étude que les commissions prélevées par ces établissements sont prohibitives puisqu'elles atteignent 5 % à 20 % des sommes transférées. Dans 70 à 80 % des cas, pour des questions de simplicité d'utilisation, les fonds sont acheminés par ces société et ne transitent pas par le système bancaire traditionnel. L'étude se penche également sur l'utilisation de ces fonds. Loin devant viennent les dépenses ménagères, ce qui n'a rien d'étonnant puisque 75% des bénéficiaires de ces transferts vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Les investissements immobiliers et "productifs" suivent loin derrière. Dans les quatre pays choisis pour cette étude, à peine 15 à 40 % des fonds sont investis dans des activités économiques de production. Six à dix fois par an, le travailleur immigré envoie les 103 euros (Maroc), 122 euros (Sénégal), 160 euros (Mali) ou 103 euros (Comores) qu'il a mis de côté chaque mois. Ce qui représente 10 à 15% de ses revenus. La Banque Africaine aimerait mieux canaliser les ressources des migrants vers des investissements "productifs" en proposant des mesures "d'accompagnements financiers et non financiers" aux porteurs de projets. Encore faudrait-il résoudre la cause de ces transferts d'argent : nourrir la famille restée au pays.
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