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Le département sous tous ses aspects |
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Alors que le Conseil général devrait très bientôt demander au gouvernement l'organisation d'un référendum à Mayotte sur le statut de l'île, la départementalisation était l'autre thème principal de la visite de M. Jégo. Sur ce point, le secrétaire d'Etat n'a pas ménagé ses hôtes. S'il a reconnu que "la marche vers la départementalisation est une opportunité" et s'il a déclaré avoir "entendu le message du président du Conseil général", qui a, samedi matin, réitéré la demande des élus de voir Mayotte devenir le 101ème département français, M. Jégo a toutefois précisé souhaiter "un référendum de vérité" et "une campagne de vérité." Une fois que l'échéance du référendum sera connue, je souhaite que les services de l'Etat agissent en toute neutralité pour faire connaître aux Mahorais les avantages du département, mais aussi les bouleversements et les changements d'attitude que cela impliquera pour les Mahorais. Nous avons un devoir de vérité. Il ne faut pas laisser d'illusions car la découverte de la réalité des choses serait dramatique." C'est la première fois qu'un représentant de l'Etat ose évoquer les bouleversements (ou désavantages, en langage moins policé) du statut de département.
Enfin, le secrétaire d'Etat a indiqué vouloir agir en faveur de la RUPéisation (statut de Région ultrapériphérique européenne) de l'île, "quand le traité simplifié permettra d'accrocher Mayotte" à ce wagon. Mais là aussi, "il y a nécessité d'un travail en amont de la part des élus et acteurs locaux pour préparer cette échéance. Nous ne pourrons pas travailler seuls."
Concernant le développement économique de l'île, M. Jégo a mis en avant le développement du port de Longoni et du tourisme, ainsi que l'importance de l'application du Plan d'aménagement et de développement durable (PADD), "sur le point d'être relancée".
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Le temps fort de la visite du nouveau secrétaire d'Etat à l'Outremer, nommé il y a deux semaines à la place de Christian Estrosi, devait être la signature attendue depuis plus d'un an par les élus mahorais, du 13ème Contrat de projet entre l'Etat et la collectivité, d'un montant de 588 millions d'euros (dont plus de 300 millions fournis par l'Etat). La signature s'est déroulée samedi soir à la case Rocher, à Dzaoudzi, en présence du préfet eu du président du Conseil général. Elle a cependant été éclipsée par l'actualité. Arrivé au lendemain des violences qui ont suivi la présence sur le territoire mahorais du dictateur déchu d'Anjouan Mohamed Bacar, jeudi 27 mars, Yves Jégo a légèrement modifié son programme afin de rendre visite aux pompiers et policiers, qui avaient dû intervenir jeudi pour venir en aide aux wazungu menacés par les manifestants, et de rencontrer à l'hôpital de Mamoudzou la seule victime des émeutes encore hospitalisée sur place –l'autre ayant été évacuée vers la Réunion (lire par ailleurs). "Il n'y aura pas d'impunité", a affirmé dès son arrivée le secrétaire d'Etat, rappelant que "la machine judiciaire est en route" (lire par ailleurs). "Rien ne justifie qu'il y ait une déstabilisation de la sécurité des habitants de Mayotte", a-t-il déclaré sur RFO vendredi soir. "Nous allons agir avec fermeté contre ceux qui croient pouvoir importer à Mayotte un conflit ou des colères avec lesquels la France n'a rien à voir. La justice agira sans faiblesse." "Agir sans faiblesse", c'est aussi l'attitude que le secrétaire d'Etat a promise concernant le sort de l'ancien président d'Anjouan, dont le passage à Mayotte est à l'origine des troubles de jeudi. "Il n'y aura pas de faiblesse, mais un strict respect du droit international. La France ne sera pas faible vis-à-vis de Mohamed Bacar", a-t-il insisté. Le lendemain, lors d'une conférence de presse qui a précédé son départ vers la Réunion, il s'est félicité de "l'efficacité des services de l'Etat" et du "travail remarquable du préfet" lors de ces émeutes, répondant ainsi aux très nombreuses critiques de métropolitains qui estiment que les forces de l'ordre ont agi trop tard jeudi. Concernant la lutte contre l'immigration clandestine, M. Jégo a rappelé les chiffres d'arrêtés de reconduites à la frontière de 2007 (14.000) et a annoncé la mise en place prochaine "d'un troisième radar opérationnel avant cet été" ainsi que l'arrivée "de bateaux supplémentaires" et "la construction d'un nouveau Centre de rétention administrative". Il s'est en outre prononcé en faveur de l'acquisition par l'Etat d'un hélicoptère. Il a cependant indiqué que "la lutte contre l'immigration clandestine passe aussi par la coopération. La nouvelle situation aux Comores est une opportunité à saisir car pour renvoyer les clandestins, il faut l'accord de leur pays d'origine". VM
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