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S'exprimant dans le cadre du salon de l'emploi public, porte de
Versailles, M. Karam a souligné la mauvaise maîtrise du français de nombreux
Mahorais et le fort taux d'échec scolaire de ceux qui sont venus jeunes en
métropole faire leurs études.
Le conseil général de Mayotte envoie chaque année des
élèves en orientation professionnelle dans les lycées de l'Hexagone, ce type de
formations faisant défaut dans cette collectivité, qui se trouve à deux heures
de vol de la
Réunion.
Les jeunes Mahorais arrivant généralement au mois d'octobre se retrouvent
immergés brutalement dans une autre culture et dans une autre langue. Ils sont
souvent totalement déracinés et placés en général en internat.
"Certains repartent complètement déstructurés, et leur retour à Mayotte
se passe très mal", a-t-il souligné.
L'échec scolaire est moindre pour les étudiants, mais ces derniers
connaissent des problèmes de logement, les cités universitaires étant
généralement remplies.
Dans les deux cas s'ajoute un problème financier puisque les bourses ne
sont pas toujours envoyées quand il le faudrait, a-t-il dit, précisant qu'il
avait commencé à travailler sur tous ces sujets avec la ministre de
l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
M. Karam a abordé également les problèmes d'état civil des Mahorais, qui
se retrouvent parfois "étrangers dans leur propre pays" ou même "clandestins", à
cause de la refonte, en cours, des dispositions locales.
Il s'est engagé en faveur d'une aide aux associations mahoraises pour
qu'elles puissent bénéficier des subventions de la politique de la ville, qui
pourrait servir à l'alphabétisation. Près de 60% des Mahorais métropolitains
parlent mal le français.
Enfin, s'agissant de l'embauche des Mahorais, il a prôné une nouvelle
filière de recrutement, notamment pour éviter que les emplois en outre-mer de
cadres supérieurs et intermédiaires soient uniquement pourvus par des
métropolitains, ce qui pose problème dans des régions à fort taux de
chômage.
"Le conseil général s'investit beaucoup mais l'État doit aussi prendre
ses responsabilités", a-t-il affirmé, promettant qu'il se ferait l'écho des
"singularités mahoraises" auprès des ministres concernés.
(AFP)
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