L'opposition kenyane, le Mouvement démocratique Orange (ODM) s'accroche à son plan pour organiser une protestation nationale de trois jours contre le président Mwai Kibabi bien que le premier jour de celle-ci ait été réprimé mercredi.
Soutenu mardi par son parti se cramponnant au poste du président du Parlement, le chef de l'ODM Raila Odinga a refusé d'abandonner la protestation. Odinga, qui a perdu devant Kibaki au cours d'une élection présidentielle contestée en décembre dernier, a appelé la police à protéger les manifestants dans l'exercice de leur droit constitutionnel. Mais la police, qui a utilisé mercredi du gaz lacrymogène et des matraques pour disperser les protestataires, a souligné que les rassemblements étaient illégaux et n'étaient pas autorisés.
Le législateur de l'opposition Charity Ngulu a indiqué : "Nous allons continuer avec ces manifestants pacifiques jusqu'à ce que Kibaki comprenne que les Kenyans sont très en colère". Plus de 600 personnes sont mortes dans les troubles suite aux élections alors qu'un quart d'un million d'autres ont dû être déplacés de leurs maisons.
Des observateurs internationaux ont trouvé de nombreux défauts dans les élections présidentielles du 27 décembre et ont demandé aux deux côtés de parvenir à un compromis.
Les protestations précédentes, provoquées par l'annonce des résultats des élections, ont rapidement provoqué des violences, notamment des tensions ethniques entre l'ouest du Kenya et les bidonvilles de Nairobi.
Les efforts des médiateurs internationaux, dont le président de l'Union africaine John Kufuor et l'envoyé des Etats-Unis en Afrique Jendayi Frazer, pour apaiser les tensions politiques et arranger les négociations entre Odinga et Kibaki n'ont pas pu faire de progrès la semaine dernière, entraînant l'opposition à appeler pour une protestation de trois jours.