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Deux ressortissants français qui se présentent comme des sympathisants de l'avocat sont également incarcérés à Moroni. Seul le journaliste Morad Aït Habbouche, poursuivi pour les mêmes accusations, est placé sous contrôle judiciaire. L'inculpation des quatre hommes par la juge Tasnima continue de susciter de nombreuses réactions. Mais c'est surtout l'incompréhension qui domine dans la capitale comorienne. A Moroni, l'inculpation a été vécue comme une douche froide après la vague de manifestations initiée par l'opposant, qui avait annoncé son intention de "canaliser le mécontentement populaire" et ouvrir "le procès des responsables des difficultés et des souffrances des Comoriens". "Machinations" Les observateurs se montrent prudents sur la fiabilité des accusations portées contre le chef du parti Ridja. Les autres partis d'opposition au régime du président Azali, qui avaient soutenu par un communiqué l'action du Ridja sans y prendre part, ne se sont pas encore exprimés sur ces derniers rebondissements. Les partisans de l'opposant comorien sont les premiers à dénoncer "une machination destinée à discréditer le chef du Ridja". L'accusation ne s'appuie selon eux sur aucune preuve solide. Ils affirment que les gendarmes chargés de l'enquête n'avaient rien trouvé lors de la perquisition qu'ils ont opérée lundi au siège de leur parti. " Une pince et une trousse de secours" ont été certes retrouvées dans la chambre d'hôtel de Philippe Verdon, l'un des trois Français qui ont accompagné l'opposant comorien dans sa croisade, mais "ce ne sont pas des indices suffisants pour appuyer la thèse du. complot", rétorquent les proches de Larifou. Les autorités comoriennes soutiennent pourtant qu'u ne série d'objets, notamment des "uniformes militaires", auraient été saisis. En l'état actuel de l'enquête, la seule pièce "compromettante" dont disposerait la justice comorienne est une cassette audio contenant des déclarations attribuées à Philippe Verdon. Cette bande aurait été enregistrée à l'insu du Français, lors d'un entretien qu'il a eu avec un officier de l'armée comorienne, un certain Combo, ancien de la Garde présidentielle et proche du mercenaire Bob Denard. Dans le milieu des enquêteurs, on affirme que ce sont ces déclarations qui auraient éveillé les soupçons des services de sécurité. Zones d'ombres Restent de nombreuses zones d'ombre, notamment sur le rôle de certains personnages qui entourent le responsable politique comorien, en particulier le dénommé Philippe Verdon. Pourquoi cet homme s'est-il confié si facilement à un officier de l'année comorienne ? Pourquoi tenait-il à faire savoir que Larifou avait les faveurs des partenaires des Comores dans la perspective d'un changement de pouvoir? Les Comoriens qui ont côtoyé Philippe Verdon dans les rues de Moroni ont une seule certitude : l'homme parlait trop.
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