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Lors d'une conférence de presse à Johannesburg, Morgan Tsvangirai a estimé qu'il était temps pour Mbeki de faire preuve de "courage" et de cesser de se refuser à critiquer ouvertement Mugabe. "Nous avons besoin d'un peu de courage de la part de Thabo Mbeki. Il peut rompre avec sa politique de soutien silencieux à la dictature au Zimbabwe (...) Il peut ajouter sa voix à ceux qui réclament des élections libres et équitables au Zimbabwe", a déclaré le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). "Il peut le faire sans prendre les risques que nous prenons. Il ne sera pas arrêté, étouffé par les gaz lacrymogènes, frappé. Il ne sera pas inculpé pour trahison, ses partisans ne seront pas tués. (...) Il suffit d'un peu de courage pour dire une vérité déplaisante", a ajouté Tsvangirai. Mbeki, mandaté l'an dernier par ses homologues d'Afrique australe pour tenter d'instaurer le dialogue entre le gouvernement et l'opposition zimbabwéens, s'est toujours refusé à critiquer publiquement Mugabe, en dépit de l'impact de la crise politico-économique sur l'Afrique du Sud voisine. Quelque trois millions de Zimbabwéens auraient fui leur pays, confronté à une inflation galopante dépassant les 26.000% et un taux de chômage de 80%. Selon Tsvangirai, il est dans l'intérêt de Mbeki de faire pression sur son homologue afin d'éviter que l'Afrique du Sud soit "submergée par la tragédie zimbabwéenne". Robert Mugabe, qui aura 84 ans le 21 février et dirige l'ancienne Rhodésie britannique depuis l'indépendance en 1980, entend se faire élire pour un 6e mandat lors des élections présidentielle et parlementaires du 29 mars. (AFP)
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