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L'organisation du pèlerinage des Hadj est l'objet de rivalités conflictuelles. En confiant le voyage dans les lieux saints de l'Islam à l'union des mutuelles communautaires, les autorités comoriennes se sont mis à dos le collectif des agences, qui n'a pas apprécié d'avoir été détrôné. L'union des Sanduk ne cache pas son intention d'être seul maître à bord malgré les retours à la charge des agences. Non contents d'être les seuls sur l'opération, les responsables de Sanduk reprochent aux agences de voyage de ne s'être pas s'être approchés d'eux. "Les agences ne sont pas venues nous voir et ne peuvent prétendre organiser ce voyage car nous en avons l'exclusivité", s'est ainsi exprimé Soudjay Ahmed, directeur adjoint de l'union des Sanduk. Le président du collectif des agences, Mohamed El Had, parle "d'une décision unilatérale qui n'a rien n'avoir avec la bonne organisation du pèlerinage".
A l'origine de ce conflit, l'incapacité des agences à réunir la bagatelle de 75 millions fc (plus de 150.000 euros) pour avancer les frais d'hébergement et de transport. Celles-ci avaient néanmoins négocié une échéance avec leurs partenaires, ce qui leur laissait le temps, disaient-elles, de se retourner. L'Etat les a cependant jugées "défaillantes" :
le comité chargé du contrôle du pèlerinage avait montré que "le collectif n'assurait pas les garanties financières nécessaires pour le bon déroulement du sixième pilier de l'Islam".
Le prix du trajet discuté aujourd'hui
Le bras de fer est engagé entre le collectif des agences de voyage d'un côté et la vice-présidence chargée des affaires islamiques ainsi que l'union des Sanduk de l'autre. Les agences accusent l'institution financière de ne pas avoir suffisamment d'expérience pour gérer une telle opération. "Nous ne sommes pas des opérateurs de voyage", rétorque le directeur adjoint de l'union des Sanduk, "mais nous avons cherché des hommes capables de préparer un bon pèlerinage." Malgré le retrait de la licence par le gouvernement, les agences continuent à enregistrer les candidats. "Nous ne nous laisserons pas faire" prévient le président du collectif. Le regroupement des opérateurs de voyage a saisi les hautes autorités du pays. Il a contacté le second vice-président, Caabi El yachroutu Mohamed, et Ben Massound Rachid, chargé du pèlerinage. Jusqu'à présent, les agences n'ont pas eu gain de cause. "Nous ne refusons pas les négociations avec elles. Mais pour l'instant, on est réquisitionnés pour organiser le voyage à la Mecque, on a investi et on doit contrôler jusqu'au bout nos fonds engagés" nous a fait savoir le directeur adjoint de l'union des Sanduk, Soudjay Ahmada.
Entre temps, les préparatifs se poursuivent à Moroni comme en Arabie saoudite. Une équipe de l'union des Sanduk se trouve sur le terrain. "Les préparatifs se passent très bien. Nous allons commencer aujourd'hui la campagne de sensibilisation" assure Soudjay Ahmada. Le Sanduk met à disposition des futurs pèlerins, ses bureaux installés dans les villes et villages pour l'enregistrement. Un autre sera ouvert à Moroni pour ceux qui veulent s'inscrire dans la capitale. Pour l'instant le prix du voyage n'est pas encore connu. Les dirigeants de l'union des Sanduk attendent la rencontre d'aujourd'hui avec le directeur de la compagnie Yéménia pour fixer quels seront les frais du pèlerinage 2006.
Ahmed Abdallah
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