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Les entreprises vont désormais devoir retenir à la source les cotisations salariales et patronales. C'est la conséquence directe d'une ordonnance que viennent de signer les partenaires sociaux réunis hier matin à la direction du travail, à Mamoudzou, mettant en place la caisse d'assurance chômage. Cette dernière est opérationnelle depuis le 1er janvier dernier, mais ne devrait verser les premières allocations chômage qu'en juillet prochain, une fois que les cotisations seront suffisantes pour aider les chômeurs licenciés pour raisons économiques -dans un premier temps, seuls eux auront droit à cette allocation. Mais les entreprises sont-elles prêtes à assumer cette nouvelle charge ? Serge Castel, président de la Caisse d'assurance chômage de Mayotte et ancien président du Medef (Mouvement des entreprises de France), s'interroge : "Je ne sais pas, probablement pas, c'est une ordonnance qui arrive de Paris et qu'on est obligé de mettre en place, donc c'est une avancée vers le droit commun, c'est quand même une grande avancée sociale après les allocations familiales. C'est la plus grande avancée pour les salariés de Mayotte parce que maintenant, les licenciés économiques pourront toucher des indemnités qui n'existaient pas".
"Quelque chose de vide"
Coté syndicat, on temporise les propos rassurants de la direction de la nouvelle caisse. Rivomalala Rakotondravelo, de la CGT, s'inquiète : "Si certains osent affirmer qu'il s'agit ici d'une avancée sociale majeure, nous disons que c'est un peu médiocre. La caisse d'assurance chômage ne concerne que des licenciés économiques. Combien de salariés mahorais ont été licenciés ou vont être licenciés parce ue leur entreprise a fait faillite. Et pire, nous ne savons pas non plus combien de salariés ont été recrutés sous contrat nouvel embauche, un nouveau dispositif mis en place par Villepin. Nous partons dans quelque chose de vide". Le débat promet d'être animé vendredi 13 janvier prochain : ce jour-là, les partenaires sociaux devraient se réunir au conseil général à l'appel du Medef, pour une réunion d'information, à partir de 14h.
Nassuf Djailani
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