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Il faut arrêter les monothérapies car elles favorisent la résistance de la maladie et si on ne réagit pas, aucun médicament ne résistera plus au paludisme" ont martelé samedi matin devant la presse et les micros des radios le Dr Ball, représentant de l'Organisation mondiale de la Santé, et le vice-président de l'Union des Comores chargé de la Santé, Caambi El El Yachroutu. L'OMS et les autorités comoriennes ont profité du lancement de la campagne anti-paludisme pour mettre l'accent sur la nouvelle politique nationale en matière de traitement de la maladie (lire Le Canal n°92). En effet la Cotexin, le médicament jusque là le plus courant et considéré comme le plus efficace, n'est plus à l'ordre du jour. Il doit être remplacé par le Coartem. Les raisons de ce changement ? "Les médicaments à base d'un composé unique, s'ils ont efficaces pour l'instant, vont devenir inefficaces car les moustiques vont développer des résistances", affirme le Dr Ball. "Notre expérience nous l'a montré. Il faut donc utiliser des médicaments à plusieurs molécules. C'est notre politique depuis 2003 mais elle n'a pas toujours été appliquée avec rigueur car les médecins n'y étaient pas forcément disposés. Le gouvernement de l'Union des Comores, l'un des premiers pays dans le monde à adopter la nouvelle politique de l'OMS en matière de prise en charge, a décidé l'interdiction des médicaments contenant un seul composé", poursuit M. Ball. "Ainsi les Comores ne contribueront pas à l'apparition d'une résistance dans le monde. Car si cela arrive, cela ne touchera pas qu'un pays, mais ses voisins aussi."
75% des hospitalisations causées par le palu
Pour opérer la transition vers le nouveau médicament, le Fonds mondial a accordé au pays les financements pour assurer l'apprivoisement en Coartem pendant 5 ans. Pour un traitement complet, qui dure trois jours, un adulte devra payer deux boîtes de comprimés à 1.200 fc (moins d'1,50 euro) chacune. Le représentant de l'OMS a également insisté sur la nécessité de suivre les traitements jusqu'au bout pour, là encore, éviter que les moustiques ne développent des résistances. La seconde partie de la conférence de presse a été consacrée à l'annonce de la mise en vente de 40.750 moustiquaires pour les trois îles de l'Union, également fournies par le Fonds mondial. Elles seront vendues, avec un comprimé d'insecticide pour les imprégner, 1.250 fc, et distribuées quasiment gratuitement (250 fc, 0,50 euro) aux femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans. De janvier à septembre 2005, le paludisme a été le motif de 38% des consultations médicales et de 75% des hospitalisations. 32.912 cas de palu et 7.726 hospitalisations ont été recensés dans les 17 centres de santé de district du pays. 33 décès ont été enregistrés. En 2004, la maladie a représenté 47% des consultations et 67% des hospitalisations. 24 décès ont été enregistrés sur toute l'année. Dans le monde, 300 à 500 millions de cas sont enregistrés chaque année, suivis de plus d'un million de décès. Plus de 80% des cas et de 90% des décès surviennent en Afrique. Le paludisme est sur le continent la principale cause de l'absentéisme professionnel et scolaire.
LG
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