|
Rares sont les médicaments qui ont bénéficié d'une publicité bien menée. Tous les pharmaciens comoriens arborent une double affiche à l'entrée de leurs officines. En cachet ou en sirop, la Cotexine s'est rapidement imposée comme le remède "efficace" contre le palu en pleine recrudescence dans le pays. Le succès de l'anatupaludique tient à plusieurs rasions. Son efficacité thérapeutique immédiat. Son faible prix, 2250 fc (un peu plus de 8 euros) la boite de cachets ou le flacon de sirop. Le fait aussi qu'elle n'est pas soumise à la présentation d'une ordonnance. Mieux encore, "les médecins prescrivent systématiquement ce traitement à leurs patients", révèle un pharmacien. Bref après la chloroquine qui n'a plus les faveurs de l'Organisation mondiale de la santé pour "inefficacité", les chercheurs ont adopté "l'artémisinine", une molécule tirée d'une plante endémique de la Chine qui a servi à fabriquer la Cotexine. Le succès est de courte durée. L'OMS demande l'arrêt de la commercialisation de cette monothérapie. "Nous demandons aux laboratoires pharmaceutiques de cesser dès à présent de commercialiser les comprimés ne portant que de l'artémisinine" écrit l'OMS à tous ses agences dans le monde. Selon l'organisation mondiale, cette monothérapie "accélère l'apparition de la résistance en affaiblissant le parasite sans le tuer". En revanche, "quant l'armétisinine est correctement utilisée avec d'autres antipaludiques dans des associations thérapeutiques, elle agit contre le paludisme dans près de 95% des cas". Les Comores qui suivent depuis plusieurs années les recommandations de l'OMS dans leur politique de traitement du paludisme recommandent l'utilisation du "Coartem". "Un traitement efficace qui est disponible dans les pharmacies du pays" a rassuré Dr Ball, le représentant de l'OMS aux Comores. Ce choix de politique sanitaire n'a pas empêché la Cotexine de continuer à être vendue. L'agence de l'Organisation mondiale de la Santé aux Comores mène une campagne de plaidoyer auprès des autorités pour qu'elles prennent toutes les mesures afin d'interdire la circulation de ce traitement. Un arrêté ministériel pourrait être prise bientôt dans ce sens. Certains pahrmaciens au fait de la polémique en cours se disent prêts à jouer le jeu. "Si une telle note est prise par le gouvernement, nous contacterons nos fournisseurs qui reprendront immédiatement les médicaments en stock" a indiqué un pharmacien installé près de Volo-Volo. La question est de savoir si les représentants chinois qui commercialisent la Cotexine et qui bénéficient d'appuis importants dans le pays, accepteront-ils de perdre leurs parts de marché?
KES
|