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C'est dans la souffrance et un climat des plus tendus que l'élection des nouveaux membres de la Ligue de football de Ngazidja a accouché d'une équipe de dirigeants tous neufs, hier après-midi au lycée de Moroni. Le scrutin a en effet marqué la victoire de nouvelles têtes ; cette équipe vient remplacer un bureau en place depuis 10 ans pour certains, alors que le mandat est prévu pour 4 années. L'ancienne équipe dirigeante qui avait fait l'objet de plusieurs contestations est ainsi mise à l'écart. Ceux qui parmi eux avaient postulé pour un nouveau mandat ont été rejetés par les équipes et les districts qui avaient le droit de voter. 14 candidats étaient en lice alors qu'il n'y avait que 7 places en jeu. Au départ, les postulants étaient 18, mais avec le jeu des alliances, 4 d'entre eux se sont retirés à la dernière minute. Le vote s'est déroulé dans un climat de tension extrême. Chacun des camps, marqués par les divisions politiques entre partisans du mdidjengo (l'île autonome) et de l'Union, était déterminé à faire élire ses membres. C'est dans ce sens que l'ex-président de la fédération "rebelle" est monté au créneau pour calmer les esprits. "Il faut que tout le monde se calme pour faire un vote utile. Il faut regarder la réalité en face et oublier les clans. C'est la seule chose qui peut sauver notre football. Ce n'est pas en votant un camp ou un autre qu'on peut s'en sortir", a-t-il lancé dans son discours d'ouverture du scrutin. Sans être vraiment entendu semble-t-il. En effet, alors que le vote était prévu à 15 heures, des disputes parfois très chaudes ont retardé son déroulement. D'un coté comme de l'autre, les délégués ont contesté certains membres de la commission d'organisation de l'élection. L'intervention du procureur général a du coup été requise pour assurer un vote dans les règles. Il a fallu attendre 17 heures pour voir le premier bulletin être glissé dans l'urne.
"Un jour de fête"
Les esprits se sont apaisés avec l'arrivée du président sortant de la Fédération comorienne de football, accompagné de son homologue malgache, Ahmad, venu en tant qu'observateur de la FIFA (lire ci-dessous). "C'est un jour de fête pour le sport comorien en général et le football en particulier. Cela fait longtemps déjà qu'on n'a pas vu les footballeurs comoriens réunis dans une telle circonstance " a lancé Tourqui Salim, avant de se retirer pour, dit-il, "éliminer tout soupçon ou influence". Malgré son accouchement difficile -ou peut-être du fait de son accouchement difficile-, ce vote marque le début du processus de renouvellement des dirigeants des instances du football comorien. Les élections vont continuer à Mohéli ce mardi et à Anjouan demain. Des votes essentiels : c'est seulement après l'installation des ligues de chaque île que l'élection du bureau de la Fédération sera fixée. Ce processus fait suite à l'entente trouvée entre les deux anciennes fédérations rivales qui ont régné dans l'anarchie pendant près de deux ans dans l'Union. L'élection des nouveaux membres des instances dirigeantes du football comorien était la condition sine qua non pour la réconciliation. Désormais élue, le nouvelle équipe dirigeante de la ligue de Ngazidja va devoir choisir un président et s'entendre pour occuper les autres postes restant.
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