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La mission parlementaire d'information sur l'immigration clandestine à Mayotte, mise en place le 17 novembre dernier par le ministre de l'Outremer, François Baroin, qui était venue dans l'archipel une semaine durant fin décembre, a rendu un premier rapport -très attendu- hier. Elle dresse un premier et sombre constat en parlant de "situation inquiétante". "Les étrangers clandestins représentent désormais près d'un tiers de la population de Mayotte" estime la mission qui souligne que la "population clandestine présente est estimée entre 45.000 et 60.000 personnes alors que l'île ne comptait en 2002 que 160.265 habitants". Le rapport ajoute que le nombre de naissances à Mayotte "a augmenté de 50% en dix ans, atteignant 7.676 naissances en 2004 dont les deux tiers sont le fait de femmes en situation irrégulière". La mission, qui était composée de onze membres, députés de droite comme de gauche (parmi lesquels le député de Mayotte Mansour Kamardine), souligne que "90% des clandestins sont comoriens" et que les côtes de l'île d'Anjouan, une des îles de l'archipel des Comores, ne sont situées qu'à 70 km de Mayotte. Cartes biométriques Les services sanitaires et sociaux "subissent une grave surcharge", note le rapport qui ajoute que le travail clandestin, qui "concernerait 10.000 à 15.000 personnes", a conduit "au développement d'une économie souterraine avec la complicité d'une partie de la population mahoraise". La mission constate "l'insuffisance des moyens dont disposent les forces de l'ordre pour contrôler le flux d'immigration clandestine" à Mayotte. Evoquant une série de "premières pistes", elle demande de renforcer les outils statistiques sur l'île afin de disposer de données plus fiables et la mise en place dans un délai de cinq ans des cartes nationales d'identité biométriques pour toute la population mahoraise. La mission propose d'accroître la coopération avec les Comores voisines et suggère la construction d'une maternité moderne sur l'île d'Anjouan et la mise en place aux Comores de titres d'identité biométriques. Elle propose aussi de doter les forces de l'ordre de moyens d'interception, de contrôle et d'éloignement "renforcés et plus efficaces" et de porter les effectifs de la police de l'air et des frontières de 102 à 200 policiers cette année. En matière de droit de la nationalité, la mission estime qu'il "convient avant tout de se donner les moyens d'appliquer le droit existant" et rejette ainsi une remise en cause du droit du sol qu'avait évoqué François Baroin, le ministre de l'Outre-mer, en septembre dernier. Des propositions qui vont dans le sens des déclarations des députés lors de leur venue en décembre. A la fin de leur visite, ils avaient longuement parlé de coopération et d'état civil.
RC (avec Reuters) NB : Le rapport définitif de la mission parlementaire sera présenté en mars prochain.
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