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Nichée entre "la situation dans les territoires occupés de l'Azerbaïdjan" et la "nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis", la "question de l'île comorienne de Mayotte" se trouvait en 19ème position (sur 155) dans le chapitre "Maintien de la paix et de la sécurité internationales", où figurent également des questions concernant la Palestine, l'Afghanistan, le Moyen-Orient et Chypre. Encore inscrite jeudi après-midi, elle ne l'était plus jeudi soir, à 21 heures (heure de l'archipel). Comme l'année dernière donc, cette question ne sera selon toute vraisemblance pas évoquée devant l'assemblée planétaire. En 2007, la diplomatie comorienne l'avait déjà retirée au dernier moment, en échange d'une rencontre à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et Ahmed Abdallah Sambi - c'est au cours de cette rencontre officielle que les deux présidents avaient avancé l'idée d'un groupe de haut niveau, formalisé en juin dernier. Aucune explication quant à ce choix n'a été rendue publique par les autorités comoriennes jeudi. Ce probable retrait était prévisible. Selon des membres de la délégation française présents à Mayotte la semaine dernière dans le cadre du GTHN (Groupe de travail de haut niveau franco-comorien), il était prévu que la "question de Mayotte" soit enlevée. "C'est dans la logique des discussions menées de manière bilatérale dans le cadre du GTHN", affirmait alors un diplomate français, selon lequel "il serait logique que cette question ne soit plus à l'ordre du jour d'ici trois ou quatre ans". De son côté, l'ambassadeur des Comores à Paris, M. Soulaimana, avait fait l'impasse sur la question, même si en aparté il avait réaffirmé la volonté de Moroni de continuer à revendiquer Mayotte. Avant même son officialisation, ce retrait annoncé ne convainquait personne, tant à Mayotte qu'à Moroni. Les élus mahorais fustigent "le double langage" des autorités comoriennes. "D'un côté, ils viennent discuter chez nous coopération et disent : 'On veut de l'aide, on ne parle pas de cette question de l'appartenance de Mayotte à la France' ; de l'autre, ils remettent le couvert à l'ONU", regrette un proche collaborateur du président du Conseil général, Ahmed Attoumani Douchina. A Moroni, l'éventualité d'un retrait avait provoqué l'ire des partisans d'un retour de Mayotte dans l'ensemble comorien début septembre. "Bien évidemment la France répondra que les discussions se poursuivent et que l'AG n'a pas à ouvrir un débat à ce sujet", s'inquiétaient alors une dizaine d'associations pour lesquelles les discussions bilatérales au sein du GTHN "ne sont qu'une diversion" de la part de Paris. Selon elles, une condamnation de la France sur la question de Mayotte aurait porté "un rude coup" au président Sarkozy, "au moment [où il se fait] le chantre du respect de la Charte et des résolutions des Nations Unies" et du "respect de l'intégrité de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues". A l'occasion d'une manifestation d'opposition à la départementalisation de Mayotte, organisée mercredi 24 septembre à Moroni, un des organisateurs a stigmatisé la position "paradoxale" de Paris. "Vous condamnez vivement et à raison la Russie et nous vous comprenons et vous soutenons. Alors, convenez avec nous que vérité aux frontières en Géorgie n'est pas erreur au-delà, donc n'est pas erreur aux Comores", a-t-il lancé à l'adresse de l'ambassadeur français. RC
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