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"S'il y a un endroit au monde où on peut démontrer que le développement durable, est possible, c'est ici à La Réunion", s'est enthousiasmé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, à l'issue d'une visite de différents sites pilote. "Il y a tout ici: la mer, les fosses marines, la biomasse, la houle, le vent, la géothermie et la volonté des réunionnais", souligne-t-il, déterminé à démontrer que La Réunion peut être "le laboratoire et la vitrine" des énergies renouvelables. Avec 37% d'énergies renouvelables dans sa consommation d'énergie, l'île est bien placée pour atteindre les objectifs du Grenelle de l'environnement (50% de renouvelables en 2020). Elle veut atteindre l'autonomie énergétique en 2030, voire 2025: "c'est un pari ambitieux mais en passe d'être gagné", assure Paul Vergès, président du Conseil régional et président de l'Office national des effets du réchauffement climatique (ONERC). Pour cela, elle mise sur le soleil et l'éolien: "il y a ici une culture du solaire, très en avance sur la Métropole", souligne Jean-Louis Borloo. Déjà, près de 45% des logements sont équipés de chauffe-eau solaires, ce qui fait de La Réunion, de loin, la région la mieux équipée de France. Et la ZAC 2000 au port de Saint-Denis-de-La-Réunion est la plus grande ferme photovoltaïque de France. L'exploitation de l'énergie éolienne a du se plier aux conditions locales: une soixantaine d'éoliennes - capables de se coucher en cas de cyclones - tournent déjà. La biomasse également: la centrale thermique de Bois rouge fournit de l'énergie à partir de résidus de canne à sucre. L'île s'intéresse aussi à la géothermie et a décidé d'effectuer des forages d'exploration sur les flancs de son volcan. Pas question pour autant de porter atteinte à la biodiversité locale, une des richesses naturelles de l'île, assurent les autorités locales. "La Réunion, c'est un des dix premiers +spots+ au monde pour la diversité marine et parmi les 25 premiers pour la diversité terrestre", fait observer Jean-Louis Borloo qui a ouvert lundi, à la Réunion, une conférence internationale sur le climat et la biodiversité dans l'outre-mer européen. Le pari apparaît cependant difficile: l'île compte 780.000 habitants, un territoire occupé à 40% par la forêt et au rythme actuel, elle dépassera le million d'habitants d'ici 2030. Faute de transports en commun et d'infrastuctures suffisantes, les Réunionnais utilisent leur voiture ce qui occasionne de gigantesques embouteillages. De gros chantiers ont été lancés avec la construction d'une nouvelle route le long du littoral et un système de "tram-train" destinés à fluidifier le trafic autour de l'île. Les viaducs qu'il a fallu prévoir, ont été conçus de manière à éviter que les oiseaux marins qui reviennent nicher à terre en remontant les vallées ne puissent se blesser sur ces structures, assure Paul Vergès. Et si les voitures apparaissent inévitables, il assure qu'elles seront toutes électriques d'ici 2025. (AFP)
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