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A Mayotte, on pourrait penser que la «crise» du chikungunya ne passionne plus personne... en dehors de ses victimes. Il semblerait qu’il n’en soit rien. Alors que l’institut de veille sanitaire fait son rapport hebdommadaire annonçant 6 025 cas suspects d’infection aigue, semblant prendre de plus de distances avec les réalités du terrain, les politiques nationaux continuent d’occuper le terrain (effet «présidentielles»?). De Villepin, qui doit avoir grand besoin de changer d’air, devrait faire un crochet par Mayotte vendredi prochain alors qu’il vient faire le point sur l’épidémie à la Réunion et l’effet des mesures prises pour en compenser les effets. Notre ministre de la santé, Xavier Bertrand était quant à lui présent sur la Chaîne Parlementaire ce dernier week-end. Il rappelait au cours de cette entrevue que «la population devait avoir une action - en plus de celle du gouvernement - pour enrayer l’épidémie», tout en insistant sur le rôle de la population : «l’Etat seul ne peut rien en pareil cas si la population ne s’engage pas». Xavoier Bertrand accompagnera Dominique de Villepin dans son déplacement à la Réunion et à Mayotte le week-end prochain. Les deux ministres qui ne manqueront probablement pas de rappeler l’importance de cette mobilisation de tous, devront parler très fort à Mayotte pour avoir une chance d’être entendus. En effet, alors qu’à la Réunion, l’épidémie a mobilisé services techniques des collectivités locales et population, les «hommes en blancs» sont d’une discrétion inquiétante sur l’Ile au Lagon. Alors que l’on sait que les pulvérisations doivent, pour être efficaces, se renouveler tous les cinq à six jours par temps sec et tous les deux jours par temps pluvieux, elles sont quasiment inexistantes à Mayotte. Quand un habitant est absent, on se contente de faire une marque à la craie sur sa porte, puis plus rien! Pire! Alors que l’on aurait pu espérer que les responsables locaux allaient «profiter de l’occasion» pour engager un grand ménage, à l’instar de ce qui s’est fait à la Réunion, les villages de l’île sont toujours parsemés d’épaves de voitures, de carcasses de machines à laver et autres gazinières. Ne parlons pas des caniveaux qui continuent de se remplir d’eaux saumâtres stagnantes : un véritable nid d’amour pour moustiques! On aurait pu s’attendre à ce que les élus fassent un travail de communication vers leurs administrés afin qu’ils prennent conscience de l’importance d’assainir la maison «Mayotte». Mais rien! On a l’impression que l’on attend que le gouvernement «fasse quelque chose», sans se poser de questions sur le «comment?» de la chose. La remarque de Xavier Bertrand laisse entendre qu’au niveau gouvernemental, on a aussi ce sentiment et ce n’est pas le ménage de surface effectué à chaque visite ministérielle qui va influencer leur vision de la situation qui n’aura guère évolué depuis leur dernier passage...
E.T.
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