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Lundi 18 au soir, Ivan s'est transformé en "Dépression sur terre" et a perdu en intensité. Cependant, les prévisions de trajectoire calculées par Météo France laissent entendre qu'Ivan pourrait remonter la Canal du Mozambique à partir de mardi 19 en soirée.
Il est fréquent que les cyclones reprennent de la force en quittant la terre pour revenir sur l'océan.
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Sainte-Marie est coupée du monde depuis samedi matin. DImanche à l'aube, l'œil du cyclone tropical intense Ivan - dont le diamètre est estimé à 65 km - a traversé la pointe Sud de cette petite île malgache, très prisée des Réunionnais. Premiers bilans : une dizaine de victimes coincées dans les décombres d'un hôtel dont tout un pan s'est effondré. Par ailleurs, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) fait état de
"plusieurs cases d'habitations ravagées, la mer qui commence à atteindre les routes bitumées, liaisons téléphoniques coupées, routes inutilisables en centre-ville, communication impossible même par les radios BLU (ndlr : bande latérale unique)". Les dégâts non encore évalués seront sans doute beaucoup plus importants que ceux qui sont annoncés, vu l'ampleur du système. Pour reprendre les propos d'un technicien du service météo malgache : "Ivan n'a pas fait de cadeau à Sainte-Marie", petite île mesurant 60 km de long pour moins de 10 km de large, fleuron du tourisme malgache, célèbre pour le regroupement des baleines à bosse. Et ce n'est pas fini.
Dimanche vers 9 heures, le système a atterri dans la commune d'Ampasimbe à Fénérive Est. Vers midi, il se trouvait à Vavantenina, à 16 h à Andilamena et semble prendre la direction d'Anjozorobe (à 80 km au Nord de la capitale) en passant par Ambatondrazaka, réputé pour sa production de riz, aliment de base des 17 millions de Malgaches. Autres dégâts matériels recensés : dans la région d'Alaotra Mangoro, effondrement d'une tribune d'un stade de foot ; bâtiments publics, école primaire publique et le bureau du Médecin Chef Inspecteur touchés, chute de plusieurs poteaux électriques. Mais, comme à chaque fois, la blessure est beaucoup plus profonde dans la population rurale. En effet, les citadins des grandes villes comme Tamatave restent plus ou moins à l'abri, même s'ils sont privés de leurs occupations quotidiennes et assistent impuissants aux conséquences du phénomène (voir témoignage). Ils ont encore la chance d'être logés dans des maisons en dur ou en bois sous tôle, plus résistantes. Mais la majorité de la population rurale habitant dans les villages de la côte orientale de Madagascar vit encore dans des petites paillotes fragiles, qui ne peuvent résister aux puissantes rafales. Sans parler de leurs maigres récoltes englouties par les trombes d'eau. C'est ce qui explique le nombre faramineux de sans-abri à chaque passage de cyclone.
(Le Journal de l'île de la Réunion – 18 février 2007)
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