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On peut se le demander au regard de la polémique déclenchée par le ministre des Administrations régionales, James Burty David, au cours d'un forum-débat ayant pour thème "Pour que demain soit meilleur", organisé jeudi dernier à la mairie de Port-Louis. Se posant comme avocat des souffrances endurées par les esclaves, le ministre a fait une virulente sortie contre Adrien d'Epinay. "Comment peut-on, au 3e millénaire, accepter la statue d'un esclavagiste dans notre pays", s'est-il exclamé à la surprise générale. A la fin de l'intervention de James Burty David, le lord-maire, Reza Issack, a déclaré que le conseil d'administration procéderait au vote pour prendre la décision d'enlever la statue. Après le débat, le groupe s'est ensuite dirigé vers le Jardin de la Compagnie où un écriteau portant l'inscription "Coupable condamné par l'Histoire" a été suspendue au cou d'Adrien d'Epinay. Plusieurs historiens voient cette démarche d'un mauvais oeil. Pour les uns, l'histoire a retenu de ce personnage qu'il a été un brillant avocat, un homme politique hors pair, un défenseur intransigeant des planteurs et le fondateur de l'un des premiers quotidiens du monde, Le Cernéen. Pour les autres, si Adrien d'Apinay a été un opposant à l'abolition de l'esclavage à l'île Maurice, "ôter sa statue ne servira à rien. Qu'ont fait les précédents gouvernements et le gouvernement en place contre l'esclavage moderne ?", s'interrogent-ils.
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