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Comores Aviation : la fin du monopole |
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La réouverture d'une liaison maritime entre les îles remet en cause le monopole de la compagnie aérienne Comores Aviation, qui assurait depuis plusieurs mois le transport des Comoriens reconduits à la frontière par les autorités françaises.
"Comores aviation affiche 100 euros pour les passagers ordinaires et 75 euros pour les reconduites aux frontières, et serait même prête à réviser ces tarifs jusqu’à 50 euros pour garder ce marché", nous a déclaré un responsable du ministère des Transports anjouanais, qui a préféré garder l’anonymat.
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Après trois reports, le Maria Galanta a enfin inauguré sa ligne maritime Mayotte-Anjouan samedi. Il était 16 heures lorsque le navire a accosté au port de Mutsamudu. Parmi les 175 passagers, beaucoup de Comoriens en situation irrégulière à Mayotte, qui ont choisi de rentrer chez eux volontairement.
Selon le capitaine Mollick Patrick, "le Maria Galanta est un bateau qui a subi des aménagements de fond et qui font de lui le plus beau bateau mais aussi le plus rapide de la zone. Il réunit toutes les conditions de sécurité modernes de navigation. Il est destiné à désenclaver la ligne Mayotte-Anjouan, qui souffre depuis l’année dernière puisqu’il n’y avait pas de navire adapté au transport des passagers. Il peut atteindre facilement 35 nœuds" vante le capitaine, qui ne cache tout de même pas que son bateau est loin d'être neuf. "Mais les travaux effectués lui ont donné un coup de jeune."
La présence au port de Mutsamudu, du ministre des Transports de l'île indique que la crise qui a retardé l'entrée en service du Maria Galanta est à présent résolue. "Cela était du à une incompréhension entre certaines autorités anjouanaises et les responsables du bateau. Ce problème est réglé, l’armateur de Maria Galanta a apporté la documentation nécessaire et nous avons effectué l’expertise pour qu’enfin ce bateau puisse opérer chez nous sans problème. Il répond effectivement aux normes sécurité requises pour le transport des passagers", nous a déclaré samedi Mohamed Ahmed Hazi conseiller technique au ministère des Transport.
Des centaines d'Anjouanais ont fait le déplacement au port
L’arrivée du Maria Galanta fait aussi des rêveurs. Le tarif affiché au départ de Ndzuani est attractif : 30.000 fc (60 euros) l’aller simple. Des centaines d’Anjouanais ont fait par curiosité le déplacement pour venir assister à cette première touchée. Les avis des simples citoyens sont partagés : "Il est bien beau de proposer un tarif aussi bas lorsqu’on sait que personne ici ne peut en profiter, sauf quelques privilégiés. Le visa Balladur tuera plus vite que vous ne le pensez cet élan de désenclavement" estime Abdallah Ahmed, qui n’écarte pas l’idée d’aller un jour "si les autorités françaises le veulent" voir sa famille mahoraise, qui habite à Mtsaperé. Rachad quant à lui croit que "le Maria Galanta servira surtout à transporter les sans papiers et des français. Il finira d’ici peu en un simple bateau de la PAF (Police aux frontières) car rien n’est fait pour permettre à des gens comme moi et toi de le prendre un jour et d'aller à Maoré, ne serait ce que faire quelques courses de fin d’année ou en vacances".
Les autorités anjouanaise au contraire voient en ce bateau "une chance de renforcer l’unité des îles et développer le tourisme de Ndzuani" comme l’a déclaré le ministre des Transports, Omar Houmadi, qui était présent à la réception organisée sur le quai. D'après les responsables du bateau, un programme d’essai est mis en place à raison de 3 touchés par semaine avec possibilité de passer à 5 d’ici le début de l’année prochaine. L'armateur ne cache pas son ambition de passer rapidement à 7 rotations hebdomadaires mais selon lui, il va falloir d’abord roder l’équipage et régler quelques détails de gestion. Le Maria Galanta a appareillé hier pour Mayotte.
Kamal Ali Yahoudha
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