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L'avion privé de M. Sarkozy devait arriver mercredi soir au-delà de 23 heures et c'est jeudi, à partir de 8h30, que le ministre de l'Intérieur de France commencera sa visite à son homologue du Mali, au Premier ministre et au chef de l'Etat, avant de donner une conférence-débat autour des thèmes de l'immigration et du co- développement, indique-t-on. Plusieurs associations et partis politique s'organisent pour marcher contre la venue de M. Sarkozy au Mali, à l'initiative de l'Association des Maliens Expulsés (AME). Cette marche est prévue pour aujourd’hui à 16h00, de la Bourse du travail à l'ambassade de France. Quant au Collectif des Députés élus dans la Région de Kayes (CODEKA), il se sent «indigné par cette visite et pense très sincèrement que la venue de Monsieur Nicolas SARKOZY en ce moment dans le pays relève de la pure provocation à l’endroit du Peuple malien.» Il demande l’ajournement de ce voyage : «... invitons Monsieur Sarkozy à respecter sa propre logique et à considérer son voyage sur le Mali, en ce moment indésirable. Nous demandons au Gouvernement de notre Pays de surseoir à la visite de travail de Monsieur Nicolas Sarkozy en cette période délicate.» Affirmant leur solidarité avec les Maliens de France : «Les Députés membres du CODEKA sont solidaires des maliens de France dont la situation sera encore précarisée par ce projet de loi anti-immigration de Nicolas SARKOZY, contraire non seulement aux conventions internationales sur l’immigration signées par la France mais aussi à la dimension de l’amitié et de l’estime mutuels qui existent entre les Peuples Français et Maliens.». «Nous demandons aux Parlementaires Maliens et à tout malien esprit de paix et de justice sociale de se mobiliser afin que Monsieur Nicolas Sarkozy annule son voyage du 17 mai 2006 sur le Mali, comme se fut le cas en janvier 2006 en Martinique, suite à une sensibilisation de ce peuple par des dirigeants Martiniquais comme « TONTON » AIME CESAIRE.» M. Sarkozy bénéficiera d'une sécurité policière rapprochée, selon une source auprès du consulat de France. Cette même source précise que "c'est le protocole malien qui se chargera" de cet aspect. Les populations de Gao ont protesté lundi contre cette venue qui, selon eux, dénote d'un manque de considération pour les peuples africain et malien en particulier. Gao fait frontière avec l'Algérie où de nombreux Maliens et Africains ont perdu la vie soit dans le désert soit dans la mer en tentant de se rendre en Espagne par les enclaves de Ceuta et Melilla. Oumar Maiga, le secrétaire général du Haut Conseil des Maliens de l'Extérieur, qualifie M. Sarkozy de "sac à problèmes", se référant à ce propos au durcissement de la loi sur l'immigration initiée et défendue par le ministre de l'Intérieur français. E.T.
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