|
Présents sur l’île depuis le 30 décembre, le groupe de 14 jeunes venus de Nampula au Nord du Mozambique s’envoleront aujourd’hui pour rejoindre leur pays d’origine. Invités par le CLEJJ de Mamoudzou, ils répondaient à une invitaion lancée l’année dernière, lorsque de jeunes mahorais avaient fait le déplacement pour découvrir ces proches voisins pourtant si méconnus. Le Mozambique est le point le plus proche de Mayotte du continent africain. Pourtant, les échanges sont quasiment inexistants et il aura fallu attendre l’installation d’une agence aérienne aujourd’hui défunte, pour voir s’établir une relation aérienne entre les deux voisins. En décembre 2004, un groupe de jeunes mahorais avait donc eu la surprise de découvrir que des gens, de l’autre côté du Canal, vivaient presque comme eux, s’habillaient presque comme eux, chantaient et dansaient presque comme eux. Ce fut une réelle découverte, presque un choc, le Mozambique n’étant vraiment une “destination privilégiée” pour les mahorais qui préfèrent le plus souvent s’envoler vers la métropole ou la Réunion (très peu connaissent l’île voisine d’Anjouan!). Au cours de ce voyage, ils avaient visité la région nord du Mozambique, et Isla de Moçambique où ils apprirent avec surprise que les esclaves envoyés à Mayotte partaient de cette petite île. Au cours des deux séjours, la rencontre s’est faite autour de la danse et de la musique, le groupe mahorais apprenant à leurs nouveaux amis à danser le Shitété en même temps qu’ils s’essayaient eux-mêmes au N’zébé.
Tisser des liens personnels
Quand on demande à Ballou, du CLEJJ et qui s’est occupé de cet échange, si ceux-ci perdureront, il précise que le but de telles actions est avant tout faites de tisser des liens de personne à personne : “Chaque jeune a maintenant un correspondant avec qui il pourra rester en contact”. - Les jeunes mozambicains auront-ils la posibilité de revenir en dehors d’un projet encadré par une straucture ‘officielle”? - Si c’est un manque de moyens, car les mozambicains sont évidemment plus pauvres que les mahorais, les jeuns d’ici feront une collecte pour les aider à payer le déplacement... - et le visa ? - ils sont maintenant en contact avec l’Ambassade de France au Mozambique et cela ne devrait pas poser de problème. Ballou nous fait alors part de son étonnement devant les progès réalisés dans l’apprentissge du français de leurs nouveaux amis : “Nos jeunes parlent bien un peu d’espagnol, mais...”. Peut-être ce constat va-til motiver le groupe de mahorais à apprendre le portugais... En effet, si la langue originelle du Mozambique est le Swahili, langue qui a engendrée le shimaoré, les deux groupes n’arrivent malgré tout pas à se comprendre. Les échanges passent donc avant tout par le français, dont les mozambicains ignorait tout, et bien évidemment la danse et la musique qui n’ont pas besoin d’interprète. L’idée de ces rencontres entre voisins fait du chemin : l’association “Maecha Amaray” de Ouangani est venu établir un premier contact avant de se déplacer en jullet prochain au Mozambique. A quand de tels échanges avec les iles soeurs d’Anjouan, Mohéli ou Ngazidja?
E.T.
|