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Inauguré en juillet 2001 dans le site de Jimawéni, à mi-chemin entre Sada et Chirongui, le musée de la vanille et de l'ylang -ainsi que le jardin ethnobotanique qui le voisine- est fermé depuis le 1er avril. "Nous n'avons plus les moyens de l'entretenir, or il y a des travaux de rénovation à effectuer, ni de payer le personnel", se désole Michel Charpentier, président de l'association des Naturalistes de Mayotte, porteuse de ce projet dès sa naissance, en 1999. Malgré le succès grandissant de ce complexe qui sauvegarde une part essentielle du patrimoine mahorais, la survie est impossible sans subventions. "En 2001, nous avons fait environ 2.000 entrées", explique M. Charpentier. "En 2005, nous en avons comptabilisé 5.900. C'est une forte augmentation ; mais un musée, même modeste, ne peut pas vivre uniquement de ses seules recettes. 6.000 entrées, cela représente 10.000 euros. On ne peut pas payer trois salaires avec ça". Au début, les subventions allouées par la collectivité permettaient d'obtenir l'équilibre. Mais depuis 2004, le Conseil général n'a plus versé aucune aide à cette association qui publie un ouvrage et organise des conférences. Le musée perd chaque année 18.000 euros… "Depuis trois ans, on ne touche plus de subvention. Le 1er avril, on a été obligé de fermer le musée. Le personnel est au chômage", indique M. Charpentier.
"Nous cherchons une solution"
Valérie, employée de la première heure, ne travaille plus depuis le 1er avril. "Mon contrat arrivait à son terme. Il n'a pas été reconduit. Mais j'attends. J'ai espoir que le musée rouvre." Moussa, lui aussi au chômage, cherche déjà ailleurs. Quant à Mamadou, son contrat court pour quelques mois encore. Tous trois géraient le complexe, organisaient les visites, entretenaient les locaux. La fermeture qu'elle veut à tout prix qualifier de "temporaire" fait d'autant plus râler Valérie que les projets concernant le site de Jimawéni ne manquent pas : "On a un projet d'extension pour faire des expositions temporaires, créer une boutique. On aimerait développer le travail avec les scolaires", énumère-t-elle. A l'heure où la vanille n'est plus exportée, malgré les efforts du Stabex pour relancer sa production à Mayotte, et alors que les producteurs d'ylang disparaissent, qui n'arrivent pas à motiver leurs enfants à aller dans les champs, peut-on laisser un tel lieu à l'abandon ? Valérie veut croire que non : "On parle d'une maison du lagon, d'une maison de la forêt, d'écomusées. C'est bien, mais combien de temps ces projets mettront avant d'être mis en place. Et pourquoi ne pas sauver l'existant d'abord ?" s'inquiète-t-elle. A Mamoudzou, loin de la quiétude du musée, Michel Charpentier multiplie les contacts pour sauver le musée. "Nous cherchons une solution avec l'ensemble des institutions", dit-il. Lundi, une réunion s'est tenue avec les principaux chefs de service du Conseil général à l'intérieur du musée. Ces derniers ont affirmé à RFO hier qu'une solution était envisagée. En attendant, l'écomusée dort.
RC
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