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Nous ne repartons pas de zéro, mais pas de beaucoup plus."
La sentence est péremptoire. Georges Mecs, le nouveau directeur du Comité du tourisme le sait, et c'est pour cela qu'il l'emploie. Après le nouveau stand qui a reçu une attention particulière selon les participants au Salon du tourisme en mars à Paris, le directeur pense que Mayotte est passée dans une autre catégorie.
"Nouvelles frontières, l'un des grands tours opérateurs (TO) dans l'Hexagone, nous met dans son catalogue. Je suis sûr que d'ici deux à trois ans un deuxième grand TO fera de même. " La confiance règne chez cet ancien directeur d'hôtel. 111 a vécu à la Réunion l'explosion du tourisme dans les années 90. Georges Mecs veut appliquer une méthode de communication similaire.
« Attention ! Cela ne veut pas dire que nous proposons le même produit. Mayotte, doit garder son authenticité, c'est la clef du succès", affirme, convaincu, le directeur. La plongée, les safari maritimes, la randonnée, voilà les trois axes sur lesquels comptent les socioprofessionnels. Rien de nouveau, certes, mais ce qui change concerne la motivation et les moyens mis en place. "L'erreur des politiques touristiques passées a été de trop vouloir en faire. Je préfère me consacrer sur quatre-cinq réalisations par an plutôt qu'une dizaine", confie le nouveau directeur.
Les réalisations de 2005 seront visibles dès juin. Lors de l'arrivée du Boeing 777 d'Air Austral, l'accueil se personnalisera. Un groupe de musique folklorique donne un aperçu de la culture mahoraise dès le débarquement. Le touriste se retrouvera avec un collier de fleurs du pays. Le touriste se sent considéré, il est heureux,
L'accueil des croisiéristes nécessite aussi une refonte. Une réunion avec ]'Union maritime est prévue. La question de la réception des voyageurs démontre que si le comité peut être un catalyseur d'énergie, il n'a pas le pouvoir de tout changer. La réception est une prérogative de la population.
"Quand je participe à des forums des métiers, les gens me disent que c'est un métier d'esclave. Il faut servir le client tout le temps. Moi, j'ai 25 ans de métier et j'ai toujours ressenti beaucoup déplaisir quand un touriste repartait de chez moi heureux. Avec le comité et tous les autres partenaires comme le vice-rectorat, nous devons changer les mentalités. Cela prend du temps", s'encourage Georges Mecs.
Dans les autres réalisations, un Guide de Mayotte qui référence uniquement les socioprofessionnels sera publié à 70.000 exemplaires dès le début du second semestre 2005. Le classement des centres d'hébergements (chambres d'hôtes, gîtes ruraux ... ), qui recevront un à quatre ylangs sur le principe des épis des Gîtes de France, sera disponible dans le guide.
La signalétique touristique et routière devrait aussi voir le jour avant juillet. Une soixantaine de panneaux indiqueront les sites choisis dans un premier temps par les communes, puis dans un second par le CTM. Une sorte de label puisque les plages indiquées devront répondre à un cahier
des charges. La présence d'aménagements tels un parking, des poubelles sont, par exemple, obligatoires. Une manière d'impliquer les communes dont l'industrie touristique ne peut pas faire l'économie. "J'aimerais trouver dans toutes les mairies un marché avec son artisanat local à proximité de la route, mais une telle construction doit être décidée par le maire, pas par moi", se défend Georges Mecs.
Comme tout projet qui vise le développement de Mayotte, le succès dépend de la cohésion entre politiques, socioprofessionnels et la population. La pétition des habitants de M'tzamboro, opposés au projet hôtelier des Italiens qui drainerait plus de 100 emplois dans la commune, est un des nombreux écueils qui mettent à mal les espoirs que porte le CTM sur l'industrie touristique.
Gérôme Guitteau
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