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Anjouan vit actuellement une pénurie de pétrole lampant. La société Anjouan Hydrocarbures rejette la responsabilité au fournisseur Total qui justifie ce retard de livraison par le fait que le tanker qui approvisionne la zone est en carénage. Toutefois les responsables du dépôt des Hydrocarbures assurent que Ndzuani sera desservie au plus tard la semaine prochaine. Sur le marché noir, le litre de pétrole se négocie déjà à 500 fc. Une pratique dénoncée hier par les autorités de l'île, sans qu'aucune mesure de contrôle n'ait été prise. Les usagers du gasoil s'inquiètent eux aussi car ce produit risque de manquer si d'ici la fin du week-end, Anjouan Hydrocarbures n'est pas approvisionnée. C'est tout le trafic terrestre qui sera mal en point, car depuis la dernière hausse des produits pétroliers, les transporteurs ont opté pour le gasoil. Déjà avec cette pénurie de pétrole, les pêcheurs anjouanais, ont révisé les tarifs du kilo de poisson. Le kilo de thon se négocie entre 1.000 fc (2 euros) et 1.250fc (2,50 euros). Or, en temps normal le kilo de poisson frais est à 750 fc voir 600 fc (1,50 et 1,20 euro) selon la saison. Viennent s'ajouter à la pénurie de pétrole les intempéries de la saison Kashkazi. Même si pendant cette saison la pêche est toujours bonne, les pêcheurs avancent l'argument selon lequel les risques sont plus grands quand ils s'aventurent en mer.
Un audit contesté
Ces difficultés d'approvisionnement chroniques posent problème au moment où Ndzuani s'est toujours appuyée sur Anjouan Hydrocarbures pour le payement des soldes des fonctionnaires, mais aussi pour financer de grands chantiers de l'exécutif. C'est ainsi qu'en 2003, l'Etat a pu acquérir un lot de véhicules administratifs et de la construction ainsi que l'équipement de la nouvelle station Radio Télévision de Ndzuani. Récemment, la société a été audité. Selon les premiers constats qui sont parvenus, on accuserait la direction de manquements graves en matière de gestion. Une question qui étonne certains membres du staff technique des Hydrocarbures qui disent s'interroger sur le sérieux de l'audit. Un agent de cette société qui a préféré garder l'anonymat, nous confiait mercredi que "on nous a audités des pieds à la tête, on ne nous a pas signifié les manquements dont on nous accuse et j'ai appris par des sources sûres que le rapport nous accable. Je ne sais pas à quel niveau, mais je doute fort qu'il y ait mauvaise gestion à Mtsangamhouni (le siège de Anjouan Hydrocarbures ndlr). On chercherait peut être un bouc émissaire qui sera difficile à trouver chez nous sauf dans l'arbitraire."
KAY
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