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Il ne connaîtra pas l'issue du procès de l'homme qui a provoqué sa chute. Alors que Bob Denard est actuellement jugé à Paris pour le coup d'Etat qu'il a perpétré aux Comores en 1995, Saïd Mohamed Djohar, qui demeurait le seul ancien président vivant du pays, est mort hier soir chez lui, à Mitsamihuli, au nord de Ngazidja. Des obsèques nationales ont lieu à 13h30 au Palais du Peuple de Moroni, où seront tirés 25 coups de canon. La dépouille du président partie à 13 heures de Mitsamihuli sera ensuite emmenée de Moroni à Mde, le village de son père, où il sera inhumé. Surnommé "le père de la démocratie", Djohar avait conservé dans l'opinion, malgré le règne de la "gendocratie" et l'efficacité politique réduite qui ont marqué sa présidence, une image sympathique. Les Comoriens lui sont surtout reconnaissants d'avoir ouvert le pays à la liberté d'expression. Après avoir été déposé par Bob Denard, il avait été quasiment séquestré pendant quatre mois par la France, qui l'avait emmené à la Réunion sous couvert de soins médicaux après être intervenue militairement pour chasser Bob Denard. Il n'avait pu rentrer chez lui qu'une fois des élections organisées pour sa succession. Agé de 87 ans, Saïd Mohamed Djohar partageait ces derniers temps sa vie entre Mitsmihuli et Anjouan, étant marié sur les deux îles. Il était question qu'il soit candidat à la présidentielle, il aurait même effectué un voyage dans les pays arabes pour trouver des financements, mais l'information n'a jamais été confirmée de sa bouche. Il semble qu'une partie de son entourage le poussait à se présenter. Vieilli mais l'esprit alerte, il écrivait ses mémoires et avait annoncé à Kashkazi, qui l'avait rencontré au mois d'octobre, qu'il y révèlerait les raisons qui, selon lui, ont poussé la France à l'écarter du pouvoir.
LG
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