|
Le développement des pays à “économie émergeante”, comme on les appelles pudiquement, passe par les nouvelles technologies. Celles-ci ne concernent pas uniquement l’activité économique. Ainsi, Alcatel annonçait hier la signature d'un accord de trois ans avec Global Imaging Online, société française spécialisée dans le traitement et la communication de l'imagerie médicale numérique. La solution apportée par Global Imaging Online, associée à un déploiement d'appareils d'imagerie médicale numérique, permet, particulièrement dans les zones rurales et isolées en Afrique, de réaliser des économies substantielles et de lutter plus efficacement contre certaines pandémies comme celle de la tuberculose associée au VIH/SIDA, grâce à un meilleur suivi des patients. Cette solution offre un accès facile et intuitif, via une interface web, à l'ensemble des images médicales associées au dossier d'un patient. Elle permet ainsi de réaliser un diagnostic à distance grâce à Internet. Mais les applications médicales, comme tant d’autres, nécessitent un débit nettement supérieur à celui disponible actuellement qui est comparable dans la plupart des pays africains à celui disponible aux Comores ou à Mayotte. D’où le projet de câble sous-marin dont on parle depuis plusieurs mois et qui devrait se concrétiser fin 2007. Le Système de câble sous-marin de l'Afrique de l'Est (EASSy) de plus de 8000 km de long permettra à 15 pays sur la côte est de l'Afrique d'accéder à des services Internet et de télécommunications moins chers et plus efficaces, selon un reportage sur le site IRIN des Nations unies. EASSy est né de la collaboration entre toutes les entreprises d'Etat et quelques entreprises privées de la région, dont le Kenya, l'Ouganda, le Botswana, Madagascar, le Soudan, la Tanzanie, l'Afrique du Sud et le Burundi. Le câble sera relié à différents réseaux terrestres nationaux, notamment à Durban en Afrique du Sud, à Port Soudan au Soudan, à Maputo au Mozambique, à Toliary à Madagascar, à Dar es Salaam et Zanzibar en Tanzanie, à Mombasa au Kenya et à Djibouti. Des points de liaison permettront également à des pays enclavés tels que l'Ouganda, le Burundi et le Botswana d'accéder au système. Le système d'un coût de 200 millions de dollars sera une grande amélioration pour de nombreux pays africains, qui doivent actuellement transmettre leurs appels vers d'autres parties de l'Afrique par des satellites en passant par l'Europe, a expliqué Simon Olawo, chef du secrétariat d'EASSy. "Le câble, qui se trouvera au fond de la mer, est composé de fibres optiques qui transmettent les informations sous forme d'impulsions lumineuses. En termes de vitesse, de coût, d'efficacité et de volume, la fibre optique est supérieure à toute autre technologie y compris le satellite", a-t-il précisé. Pour nombre d’acteurs de l’industrie des nouvelles technologies présents au Forum Economique de Davos qui s’est ouvert mercredi dans la station Suisse, l’Afrique est le prochain marché à développer. Craig Barett et John Chambers respectivement PDG d'Intel et de Cisco, ont expliqué que des progrès ont été faits en matière de numérique dans les pays en voie de développement, évoquant l'exemple d'une jeune fille au Sri Lanka travaillant et faisant même du commerce grâce à Internet. Et de souligner que de tels cas existent aussi au Tchad ou au Mozambique. Et que les grands groupes du secteur, d'Intel à Microsoft, ont lancé des programmes pour accompagner dans ce domaine des pays en développement. Un début de mobilisation qui suscite, le dit-il, son "optimisme". Cet espoir est même partagé par des acteurs de ce monde en développement. Antonio Fernando, ministre de l'Industrie et du Commerce du Mozambique, a ainsi confié les efforts que voulait consacrer son pays en matière de technologies à destination du système éducatif. Ce dernier est d'ailleurs considéré par tous les intervenants comme la clef d'entrée pour ce marché du numérique partout dans le monde, notamment -mais pas seulement- en formant les enseignants. Ce bel élan d'optimisme s'est tout de même heurté à quelques principes de réalité. Un haut responsable égyptien, ex-numéro deux de la Banque mondiale, a ainsi évoqué le coût prohibitif pour se doter dans certains pays en développement, notamment le sien, de connexions Internet à un débit convenable. Cette question des infrastructures a d'ailleurs été plusieurs fois évoquée compte tenu des milliards à investir dans ce domaine. ET (avec La Tribune et Xinhuanet)
|