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Une zone de surveillance par satellite a été établie dans le sud de l’Océan Indien pour aider à la protection de la légine australe, une espèce mise en danger par les pêches illégales. Situé entre l’Afrique, l’Inde, l’Australie et l’Antarctique, l’archipel des Kerguelen, un territoire austral français balayé par les vents, est l’un des endroits les plus isolés de la planète. Cela ne l'empêche pas d'attirer les bateaux de pêche car ses eaux abritent une espèce de poisson de très grande valeur marchande, la légine australe, aussi connue sous le nom de "loup du Chili", véritable « or blanc » en raison des prix très élevés que sa chair peut atteindre au marché noir. Toutefois un système de surveillance par radar basé sur l’imagerie collectée par les satellites Envisat et Radarsat 1 a permis de réduire de 90% le nombre d’incursions illégales dans le voisinage des îles Kerguelen. Mis en place pour le compte des autorités françaises par la société CLS (Collecte, Localisation Satellites), une filiale du Centre National d’Etudes Spatiales, l’agence spatiale française, le système de surveillance est opérationnel alors que la pêche intensive a conduit l’espèce de la légine australe, pourtant vieille de 40 millions d’années, au bord de l’extinction. Seuls les navires battant pavillon français sont autorisés à pêcher dans la ZEE des Terres Australes et Antarctique Françaises (TAAF), la plupart d’entre eux opérant en fait depuis l’île de la Réunion, à environ 3 000 km à l’ouest des Kerguelen. Néanmoins, cette région s’est révélée attirer de plus en plus de navires “pirates” bien décidés à défier la législation. La Réunion est le deuxième plus grand producteur de légine australe, derrière le Chili, et la légine y est donc d’une grande importance, représentant un revenu de l’ordre de 40 à 60 millions d’euros par an pour l’économie de la région. Malheureusement, au cours des dernières années, la légine a été la proie d’un braconnage incontrôlé. On estime que les « chalutiers pirates » auraient pêché jusqu’à 26 000 tonnes par an, soit près de quatre fois le quota autorisé. Au total, la ZEE s’étend sur près d’un million de kilomètres carrés d’océan, une surface bien trop grande pour que des patrouilles de surveillance de la Marine puissent la contrôler efficacement. C’est pourquoi les autorités maritimes françaises se sont tournées vers la surveillance par satellite, à l’aide du satellite Envisat de l’ESA et en conjonction avec le satellite canadien Radarsat 1.
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