|
En annonçant le passage à la Réunion de Moustaphali Amédiani, "un redoutable et dangereux mercenaire", Paul Vergès a plongé les médias dans la perplexité. "Il est né à Anjouan de père anjouanais et de mère indienne. Il a sévi en tant que mercenaire au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Mali. Il a participé au génocide du Rwanda, fut condamné par le tribunal international, avant d'être libéré suite à un protocole signé par le Colonel Bakar. Il appartient au commando du Colonel Bakar, qui fait actuellement parler de lui aux Comores", a expliqué le chef du Parti communiste réunionnais (PCR) lors d'une conférence de presse. Selon M. Vergès, Moustaphali Amédiani serait surnommé "Le Serpent" "parce qu'il tue silencieusement". Soutenues par le journal communiste Témoignages, les affirmations du PCR ont provoqué l'hilarité du Journal de l'île, très ancré à droite, qui a mené sa "contre-enquête". "Les Colombo locaux, par la voix du candidat PCR aux municipales de Saint-Pierre, indiquaient solennellement : "Nous avons mené nos investigations. Il a séjourné le 24 février au Caro Beach à l'Etang-Salé. Le 25, il était dans une villa à l'Etang-Salé, mais le 26, il a passé la nuit à l'hôtel Suffren à Saint-Pierre." Vu hier matin, le réceptionniste du Suffren tombe des nues. Son directeur aussi", écrit le journaliste du JIR, qui dit n'avoir trouvé, dans aucun des hôtels cités par le PCR, trace du passage du "Serpent". Nos confrères du Quotidien de la Réunion estiment quant à eux qu'il s'agit d'une "affaire montée en épingle par le PCR". Quant à la presse comorienne, elle s'est pour l'instant contentée de reprendre les informations communiquées par Paul Vergès, sans apporter d'éléments nouveaux. Un ancien de la Garde présidentielle de Bob Denard, fin connaisseur du petit monde des mercenaires de l'archipel, nous a dit ne pas connaître ce jeune homme d'une trentaine d'années. A quel réseau appartiendrait ce fameux "Serpent" ? Affaire à suivre. VM
|