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C'est à la fin d'un match de basket-ball opposant les deux équipes de Pamandzi évoluant en championnat Excellence, Jeux d'Afrique et Jeunesse Canon, que les heurts ont débuté, dans la soirée. Selon des témoins, des jeunes de Labattoir s'en seraient pris à des joueurs et des spectateurs, après que l'un d'eux les ait "chambrés". "Ils sont arrivés avec des barres de fer et des galets, et nous les ont jetés dessus. Ils ont cassé plusieurs voitures garés devant le gymnase, et la vitre arrière d'un bus transportant des joueurs a été brisée", raconte Fahar Ousseni, dirigeant du club de Jeunesse Canon. Qui poursuit : "Tout ceci n'a rien à voir avec le sport. Ce ne sont pas des supporters qui ont cherché la bagarre mais des jeunes en mal de vivre, qui ne font rien de leurs journées ou les passent à boire devant la Sodifram [magasin situé à quelques mètres du gymnase, ndlr]." Aucun blessé n'a été recensé, mais les dégâts matériels sont nombreux. Une voiture de la gendarmerie a également été dégradée –le lieutenant-colonel Martinez affirme qu'elle n'était pas la cible des adolescents. A la suite de cette rixe, les jeunes de Labattoir se seraient donné rendez-vous vendredi 18 janvier à 16h30 à la frontière de Labattoir et Pamandzi –au lieu-dit Le Tunnel. Leurs intentions étaient, selon un adulte proche de ces jeunes, d'attaquer les lycéens pamandziens. Certainement informées de ces intentions, les forces de l'ordre sont intervenues aux alentours de 17 heures, prévenant toute bagarre. Des camions remplis de gendarmes se sont positionnés aux sorties des collèges et lycées de Pamandzi. Les garçons qui traînaient aux abords ont été questionnés, et pour certains arrêtés. Selon M. Carratero, responsable de la Police aux frontières, "nous avons procédé à plus de 300 interpellations entre 17 et 19 heures, dont huit étrangers en situation irrégulière". Ces incidents ont obligé les responsables de la Ligue de basket de Mayotte à déplacer le match opposant Vautours de Labattoir à Jeux d'Afrique de Pamandzi ce week-end. Programmé en Petite terre, il a dans un premier temps été déplacé au gymnase de Cavani-Mamoudzou, en Grande terre, samedi soir. Avant d'être à nouveau reporté à une date non fixée. "On craignait que la violence ne se déplace", affirme-t-on du côté de la Ligue. Cette situation devient plus que préoccupante, affirment les responsables des clubs de Petite terre. "Déjà, on n'ose plus aller s'entraîner au gymnase de Labattoir", indique Fahar Ousseni. "Ce week-end, on a annulé un match de jeunes qui devait s'y dérouler. On a peur pour nos jeunes car ça devient vraiment dangereux." Patrice Martinez reconnaît que la situation se dégrade : "Nous devons agir en réaction à ces bagarres, mais aussi en amont, sur le moyen et le long terme", affirme-t-il. La rivalité entre les jeunes des deux villages, qui a toujours existé, a pris une toute autre ampleur ces derniers mois. " Il y a toujours eu des tensions. Mais ça n'était jamais méchant. Quelques bagarres sans gravité, et surtout beaucoup de paroles sans suite. Aujourd'hui, ce n'est plus la même chose. C'est inquiétant !" s'alarmait récemment Mohamed, un vieux de Labattoir, dans les colonnes du Quotidien de la Réunion. Cette recrudescence de violences s'explique entre autres par le retour en Petite terre de jeunes ayant grandi dans les quartiers difficiles de la Réunion ou de l'Hexagone –qui reproduisent les schémas des violences urbaines sur place-, et par la présence de nombreux jeunes déscolarisés et désoeuvrés. Dans la nuit du 24 au 25 décembre, une bagarre ayant opposé des dizaines de jeunes de Labattoir et de Pamandzi avait failli tourner au drame : alors que les jeunes se sont battus munis d'armes blanches (couteaux, battes de base-ball, barres de fer), plusieurs d'entre eux avaient été blessés, dont deux grièvement –un garçon avait été hospitalisé à la Réunion.
VM
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