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Plus de chauffeurs. Envolés. Les six grévistes de Total (sur sept chauffeurs) qui manifestent depuis deux semaines contre le licenciement de l'un des leurs, accusé par la direction de la société d'avoir volé du carburant, ont disparu ce week-end. Selon une source proche des grévistes, ils seraient partis loin de Mayotte. A la CGT-Ma, le syndicat qui appelle à la grève, on affirme qu'il s'agit d'une nouvelle tactique visant à contrecarrer les réquisitions qu'il juge illégales. Depuis quelques jours en effet, trois des six chauffeurs grévistes ont été réquisitionnés par la préfecture afin d'assurer les livraisons. Du coup, le mouvement qui avait perturbé durant ses premiers jours la distribution d'essence, provoquant des files interminables de voitures à l'entrée des stations, avait perdu de son impact. Ce week-end, les stations fonctionnaient quasi normalement. Face à ces réquisitions, la CGT-Ma a porté plainte devant le Tribunal administratif de Mamoudzou. Celui-ci doit juger dans les jours qui viennent la légalité des réquisitions préfectorales. "Le jugement doit tomber aujourd'hui ou demain" affirme-t-on à la CGT-Ma. En attendant, "on a préféré les envoyer loin". Si le tribunal administratif juge légales les réquisitions, alors "ils resteront là où ils sont et ne reviendront pas à Mayotte", affirme le syndicaliste. S'il juge illégales ces réquisitions, les grévistes reviendront sur le territoire, affirme la CGT-Ma, pour continuer à défendre leur collègue menacé. En adoptant cette tactique buissonnière, les grévistes sont entrés dans une logique d'affrontement frontal, non seulement avec la direction de Total, mais aussi avec les pouvoirs publics. Le dialogue, qui était déjà très difficile avec la direction de Total, risque de devenir impossible. Quant à la distribution, elle va vraiment commencer à être perturbée…
RC
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