Les Comores ont demandé jeudi aux autorités françaises de leur remettre Mohamed Bacar, ancien homme fort de l'île d'Anjouan qui s'est réfugié sur le territoire français de Mayotte après le renversement de son régime séparatiste et doit être transféré à La Réunion.
"Nous avons notifié à la France que nous voulions que le colonel Mohamed Bacar et tous les rebelles en fuite soient extradés aux Comores", a dit le ministre comorien des Affaires étrangères, Houmadi Abdallah, à la presse. "Nous avons rappelé aux autorités françaises que les mandats d'arrêt international à leur encontre sont toujours en vigueur", a-t-il ajouté.
"La justice comorienne a lancé un mandat d'arrêt international il y a longtemps. On va voir si les autorités françaises vont le respecter", a-t-il déclaré.
La fuite de M. Bacar vers l'île voisine de Mayotte a suscité des manifestations de colère aux Comores, avec pour principale cible la France, accusée de protéger l'ex-homme fort d'Anjouan. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi en fin d'après-midi à Anjouan pour appuyer la demande d'extradition. Des manifestants ont déployé une banderolle contre l'ambassadeur de France aux Comores, taxé d'"émissaire de la Françafrique". Des manifestations similaires ont eu lieu à Moroni jeudi dans la matinée près de l'ambassade de France. Elles ont été dispersées au gaz lacrymogène par les forces de l'ordre.
Plusieurs groupes de jeunes tentaient toujours à la mi-journée de se rendre à nouveau vers l'ambassade et étaient régulièrement dispersés par les forces de l'ordre. "France, livrez Mohamed Bacar", pouvait-on lire sur une des affichettes brandies par les manifestants.
Des manifestations d'Anjouanais s'étaient en outre multipliées jeudi à Mayotte contre la présence de M. Bacar (lire par ailleurs).