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Les écoles et les enseignants victimes des violences post-électorales au Zimbabwe

Mercredi 7 Mai 2008- 00:43:28  - 
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Les enseignants sont devenus les dernières cibles des violences post-électorales au Zimbabwe : les enlèvements, les intimidations et les passages à tabac ont déjà fait deux morts.
 
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«Nous avons reçu de mauvaises nouvelles. À l’heure où je vous parle, deux enseignants ont été tués, battus à mort », a déclaré Wellington Chibebe, secrétaire général du Congrès zimbabwéen des syndicats de travailleurs, lors d’une réunion de travailleurs à Harare, la capitale, le 1er mai.

Selon M. Chibebe, ces meurtres, qui ont eu lieu à Guruve, un district de la province du Mashonaland Central, dans le nord du Zimbabwe, sont la conséquence des flambées de violence post-électorales orchestrées par de jeunes miliciens, par des soldats, et par les vétérans de la guerre d’indépendance menée par le Zimbabwe contre le régime colonial britannique.

D’après le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d’opposition, ces violences ciblent principalement les habitants des régions rurales soupçonnés d’avoir voté pour le MDC aux élections municipales, législatives et présidentielles, qui ont eu lieu le 29 mars dernier.

Les résultats de la course à la présidence n’ont d’ailleurs toujours pas été communiqués, mais la ZANU-PF, le parti du président Robert Mugabe, a perdu sa majorité au Parlement pour la première fois depuis 1980.

A en croire le MDC, une campagne, baptisée Opération Mavhoterapapi (Pour qui avez-vous voté), serait menée à l’heure actuelle dans le but d’intimider les électeurs, à l’approche du deuxième tour prévu des élections présidentielles. La ZANU-PF soutient en effet qu’aucun candidat présidentiel n’a obtenu la majorité absolue requise pour remporter premier tour.

Personne pour faire la classe

Les enfants, de retour dans les salles de classe cette semaine pour commencer le deuxième semestre, les ont trouvées vides. Les enseignants n’étaient guère nombreux, eux non plus, et ce surtout dans les régions rurales.

« Les écoles ressemblent à des zones de guerre ; il n’y a pas moyen que les enseignants se présentent sur leurs lieux de travail si c’est pour se trouver nez à nez avec ces escadrons de la mort », a expliqué à IRIN Raymond Majongwe, président du Syndicat progressiste des enseignants du Zimbabwe (PTUZ).

M. Majongwe a indiqué que le syndicat avait reçu des informations selon lesquelles des groupes de vétérans se rendraient d’école en école, pour chasser les enseignants. « Les vétérans armés de la guerre ferment les écoles et disent qu’ils vont amener leurs propres enseignants. Dans tous ces cas, les enseignants sont accusés de soutenir le MDC [et de] dénigrer le gouvernement », selon M. Majongwe.

Au moins un enseignant a été enlevé, il y a une semaine ; il est actuellement retenu en otage par les milices de la ZANU-PF à Mudzi Ouest, un district de la province du Mashonaland Est. « Ce que nous craignons, c’est que d’autres encore puissent être soumis à la torture, ou qu’ils aient été tués ».

La faute aux enseignants

Après l’annonce des résultats des élections législatives, la police a arrêté des dizaines de responsables électoraux, les accusant d’avoir gonflé le nombre de voix en faveur de l’opposition lorsqu’ils se sont aperçus que le MDC était en passe de remporter le scrutin. Nombre d’entre eux étaient des enseignants, qui avaient assumé les fonctions de responsables électoraux.

Aujourd’hui, ces enseignants sont passés à tabac, menacés de mort ou contraints de payer des « frais de repentance », sous forme d’espèces ou de chèvres et de bovins, a indiqué M. Majongwe.

Mutangi (un nom d’emprunt), enseignant dans un internat de Mhondoro, un district de la province du Mashonaland Central, a expliqué à IRIN que plus de la moitié de ses collègues n’étaient pas retournés au travail au début du nouveau semestre, de crainte d’être agressés.

« Les soldats et les agents de la CIO [Organisation centrale de renseignement] occupent les chambres d’un hôtel délabré, situé près de notre école [...] ils menacent de fermer l’établissement parce que Mugabe n’a remporté que quatre voix au bureau électoral de l’école », a-t-il indiqué.

Selon Mutangi, un certain nombre de ses collègues se sont déjà réfugiés dans les pays voisins, gonflant les rangs des milliers d’autres Zimbabwéens venus trouver de meilleures perspectives économiques et la sécurité ; d’autres ont dit qu’ils attendraient les résultats des élections présidentielles, et décideraient alors de quitter le pays ou non, suivant l’issue du scrutin.

« J’ai de la peine pour les élèves, qui sont les victimes innocentes d’un jeu de pouvoir cruel. Il n’est pas difficile de voir la peur et les tensions qui règnent chez ces pauvres enfants », a déploré M. Mutangi.

Les parents retirent également leurs enfants des écoles, de crainte qu’ils ne se retrouvent aux prises avec les violences. « Je n’aimerais pas aller chercher mon enfant dans un cercueil, alors je la garde à la maison », a expliqué à IRIN Sigmund Rutori, un ingénieur d’Harare.

Les écoles, pense-t-il, n’auraient pas dû ouvrir « avant qu’ils aient réglé ce chaos électoral et assuré la sécurité et un retour à la normal dans les écoles ».

Dans un communiqué daté du 2 mai, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a condamné l’impact de ces violences sur les enfants. « En réaction à une recrudescence des violences qui touchent les enfants, et aux difficultés de plus en plus importantes [qu’il a] à se rendre auprès des plus vulnérables », a déclaré l’UNICEF, il « déplore les actes de ceux qui entraînent des enfants innocents dans la crise actuelle au Zimbabwe ».

« Toute violence contre les enfants, leurs familles ou leurs communautés constitue une menace grave au bien-être des enfants et à leur développement à long terme », avait déclaré Festo Kavishe, représentant de l’UNICEF au Zimbabwe.

(IRIN)

Article consulté 238 fois
© IRIN 2008 - Reproduction soumise à autorisation

Source : IRIN
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Vos commentaires sur ce sujet

William 56 : Quel dommage !
C'est un pays dans lequel j'ai vécu durant 4 années et que j'estimais être le plus abouti des pays d'Afrique. Les richesses sont nombreuses et les gens charmants . Ce pays était agréable, prospère et porteur d’une promesse d’un avenir radieux et sans nuage. C'était hier, c'était en 1990...

lol_976 : Le pays est ruiné, l'économie est dévastée, ils perdent les élections : c'est la faute des méchants enseignants...logique

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