|
Plus que jamais, a-t-il poursuivi, nous vivons dans une ère d’action collective. Il semble que tout le monde veuille que l’ONU fasse tout. Or, nous ne pouvons pas tout résoudre, ce qui ne peut être non plus une excuse pour ne rien faire, a reconnu le Secrétaire général, en soulignant que « notre monde en mutation a besoin d’une ONU forte ». D’où le titre de son allocution, a-t-il souligné: « Une ONU plus forte pour un monde meilleur ». Ban Ki-moon a émis le vœu d’une administration onusienne plus efficace qui soit « un modèle de compétence »: « Un changement climatique interne, voilà ce qu’il nous faut aux Nation Unies », a-t-il lancé. Nos méthodes doivent être simplifiées, rationnalisées et déléguées. Nous devons nous concentrer moins sur la rhétorique et plus sur les résultats, a-t-il expliqué.
Les représentants des états insulaire, profondément inquiets des changements climatiques ont fait différentes psopositions afin de faire face à ce nouveau péril qui les menacent.
M. EMANUEL MORI, Président des États fédérés de Micronésie, a rappelé que bien avant que les changements climatiques ne soient à la mode, son pays dénonçait déjà ce qui est perçu aujourd’hui comme une urgence mondiale. Pendant des années, la Micronésie a fait valoir que les petits États insulaires en développement sont parmi les plus vulnérables et que les changements climatiques menacent leur existence même.
Il y a 15 ans, lors de la signature de la Convention-cadre des Nations Unies, les changements climatiques étaient qualifiés d’hypothèse dont la menace était plus imaginaire que réelle, a encore accusé le Président, en soulignant que le fait qu’un sentiment d’urgence entoure désormais la question est « véritablement encourageant ». Il y a pourtant encore du chemin à faire, a-t-il tempéré, pour réaliser les objectifs de la Convention-cadre et du Protocole de Kyoto. Il a appelé à une action collective et responsable, fondée sur le principe de la responsabilité commune mais différenciée.
Le Président a jugé impératif de poursuivre l’agenda de la lutte contre les changements climatiques, avec un sentiment d’urgence et dans le cadre des Nations Unies. Il a appelé les pays développés à apporter un appui financier « supplémentaire et adéquat » aux pays les plus vulnérables, et s’est prononcé, à ce titre, en faveur d’un arrangement institutionnel relatif à un fonds d’adaptation qui répondrait aux besoins des petits États insulaires en développement.
Saluant l’assistance apportée par l’Italie, l’Inde et d’autres pays, le Président a jugé urgent que les petits États insulaires aient un meilleur accès aux sources d’énergie renouvelables pour se libérer de la dépendance aux combustibles fossiles. Il a salué l’issue de la dernière conférence des États parties au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone et a espéré que les signataires des autres multilatérales déploieront les mêmes efforts. S’agissant de la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique, le Président a sollicité le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).
M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre de l’État indépendant du Samoa, s’est félicité de la tenue de la Réunion de haut niveau sur les changements climatiques le 24 septembre dernier, qui a été l’occasion de démontrer qu’il existait des solutions et que les Nations Unies étaient l’institution idoine pour répondre aux défis de l’humanité. Il a regretté l’attitude de ceux qui exploitent les divisions traditionnelles entre pays développés et en développement, les différences politiques ou idéologiques pour masquer leur manque de volonté. Il a mentionné l’importance de l’Alliance du Pacifique pour la durabilité, une approche innovante du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) visant à faciliter aux pays insulaires du Pacifique l’accès à des ressources leur permettant d’atteindre leurs objectifs en matière d’adaptation aux changements climatiques.
Selon le Premier Ministre, l’histoire a montré qu’aucun pays, aussi puissant soit-il, n’avait été en mesure de régler ses problèmes seul. Il a défini les Nations Unies comme le meilleur cadre de coopération multilatérale permettant de trouver des solutions communes, souhaitant que la présence de l’Organisation dans le Pacifique, promise depuis longtemps, se concrétise dans l’intérêt du développement durable des nations insulaires. Il a rappelé que son pays venait d’organiser les Jeux du Pacifique, les plus importants depuis 43 ans, en soulignant notamment le soutien apporté par la Chine pour la réussite de cet événement.
M. DATO’SERI ABDULLAH AHMAD BADAWI, Premier Ministre de la Malaisie, a déclaré qu’en matière de changements climatiques, le pire était peut-être à venir. C’est pourquoi, il a insisté sur la nécessité de parvenir à un accord lors de la Conférence de Bali de décembre prochain, les initiatives nationales et régionales devant être intégrées à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. En ce qui concerne le régime post-Kyoto à compter de 2012, M. Badawi a plaidé la cause des pays en développement et des petits États insulaires en développement. Insistant sur la nécessité de faire prévaloir le principe des responsabilités partagées mais différenciées, il a ajouté que la participation active des pays en développement à la gestion des effets des changements climatiques devait s’effectuer en fonction de leurs moyens.
M. RALPH GONSALVES, Premier Ministre, Ministre des finances, du plan, du développement économique, du travail, de l’information, des affaires judiciaires et des affaires de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a déclaré que l’histoire récente avait démontré que le triomphalisme et l’unilatéralisme impérialistes n’étaient pas une solution pour régler les problèmes mondiaux actuels. Il a fait valoir que l’ONU ne devait jamais sacrifier ses principes et ne pas voir le monde à travers les yeux de tsars impérialistes ou de diplomates indifférents, pour qui la souffrance n’est qu’un événement télévisuel qu’on peut éliminer en changeant de chaîne. Il n’est pas idéaliste ou naïf de penser qu’en travaillant ensemble, les États engagés et véritablement concernés peuvent résoudre les problèmes qui assiègent notre planète imparfaite, a-t-il insisté. Il s’est félicité que la session actuelle de l’Assemblée générale soit dédiée à la question des changements climatiques, affirmant que les Nations Unies devaient agir maintenant et de manière décisive pour répondre à ce défi.
M. Gonsalves a souligné que, dès 1992, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques avait reconnu la vulnérabilité des petits États insulaires face au réchauffement du climat. Il a indiqué que la majorité des infrastructures de son pays se situaient, en raison de la géographie de l’État, à quelques centimètres seulement du niveau de la mer et près du littoral. Ces éléments de notre État pourraient être effacés par l’inexorable montée du niveau de la mer, a-t-il ajouté. Il a de plus noté que l’industrie de la banane des Caraïbes, déjà affectée par une mondialisation inéquitable, avait aussi été dévastée ces dernières années par la fréquence croissante d’ouragans. Il a affirmé qu’il était indispensable, pour répondre aux conséquences néfastes des changements climatiques, d’adopter un fonds d’adaptation pour les pays les plus touchés d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, d’Amérique latine et du Pacifique. Ce fonds, a-t-il poursuivi, doit inciter les pays développés à fournir des ressources financières additionnelles pour assister les pays en développement les plus vulnérables.
Concernant les changements climatiques, M. Ramgoolam, Premier Ministre de l'Ile Maurice, a affirmé que la montée du niveau des mers constituait un danger qui menaçait la plupart des petits États insulaires en développement (PEID) et que la République de Maurice était favorable à une « approche commune mais différenciée » des changements climatiques. Il a ainsi appelé à l’application effective des engagements, programmes et objectifs adoptés dans le cadre du Programme d’action de la Barbade et de la Stratégie de Maurice pour les PEID. Il s’est dit favorable à la mise en place d’un fonds spécial pour ces pays, afin de leur permettre de mettre en œuvre des mesures d’adaptation équivalentes à celles mises en œuvre dans le cadre du Fonds spécial pour les pays les moins avancés prévues par le Fonds pour l’environnement mondial. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dès 2015. Maurice, pour sa part, est en bonne voie de réaliser tous les OMD dans les temps et y a consacré d’importantes ressources depuis 2005.
M. WINSTON BALDWIN SPENCER, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères d’Antigua-et-Barbuda, a précisé que l’adaptation n’était pas un nouveau défi pour les petits États insulaires des Caraïbes. Ce qui est nouveau, a-t-il insisté, c’est l’urgence alors que les risques de catastrophes naturelles se multiplient, aggravant notre vulnérabilité. Le Ministre a insisté sur l’importance d’une action internationale visant à soutenir les efforts de réduction de ces risques, par le biais d’un ambitieux régime des changements climatiques, sous les auspices de la Convention-cadre des Nations Unies.
M. STEPHENSON KING, Premier Ministre, Ministre des finances, des affaires extérieures, des affaires intérieures et de la sécurité nationale de Sainte-Lucie, a souligné que, pour les petits États insulaires, cette question était directement liée à leur développement et menaçait leurs sécurités sociale, économique et politique. Il a estimé qu’il était important que cette question soit discutée dans le cadre d’un forum approprié afin de ne pas perdre de vue les objectifs liés au développement. Les problèmes de la montée du niveau de la mer et des changements climatiques lui sont apparus comme des thèmes prioritaires qui doivent être traités de manière urgente. M. King a aussi rappelé que la communauté internationale n’avait pas encore rempli ses engagements relatifs à la Stratégie de Maurice pour les petits États insulaires en développement. Il a espéré que la Conférence de Bali sera l’occasion d’entamer des négociations pour traiter des effets des changements climatiques sur ces États.
M. JOSÉ MARIA NEVES, Premier Ministre de la République du Cap-Vert, a salué l’importance accordée aux changements climatiques au cours de cette nouvelle session de l’Assemblée générale, faisant valoir les responsabilités inégales des États qui en sont la cause. Il a précisé que le Cap-Vert n’avait ni les moyens scientifiques, ni les moyens techniques ou financiers de faire face aux conséquences de ces phénomènes climatiques. Si les projections sur l’élévation du niveau de la mer sont exactes, s’est-t-il inquiété, nous allons faire face à une catastrophe de proportion inimaginable. Il a formé le vœu que la prochaine Conférence de Bali donne l’occasion d’entendre les aspirations des populations des pays en développement et d’obtenir des précisions sur les responsabilités communes et différenciées de chacun.
Mme INGIBJORG SOLRUN GISLADOTTIR, Ministre des affaires étrangères de l’Islande, a déclaré que le réchauffement climatique dévastait déjà des millions de vies, notamment en Afrique, en Asie et dans les petits États insulaires. Elle a souligné que la manière de traiter la question aura valeur de test pour l’engagement de la communauté internationale en faveur des valeurs fondamentales de l’ONU et de sa capacité à agir ensemble dans le contexte d’une responsabilité partagée. Il est important, a-t-elle poursuivi, que la communauté internationale ne traite pas de l’adaptation aux changements climatiques d’une manière isolée. Les changements climatiques touchent surtout les pays les plus pauvres et il est essentiel que la communauté internationale fasse de l’adaptation à ce phénomène une partie intégrante des efforts communs visant à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.
À propos de la lutte contre les changements climatiques, la Ministre a rappelé que son pays a pour objectif de réduire ses émissions des gaz à effet de serre de 50 à 75% d’ici à 2050. Elle a espéré que la prochaine Conférence de Bali débouchera sur un accord pour l’après-Kyoto qui devrait être conclu en 2009, l’année du Sommet de Copenhague. Il n’y a pas de solution miracle au problème du réchauffement climatique, a-t-elle prévenu, en soulevant les questions de la déforestation, des nouvelles technologies et des sources d’énergie propres, comme l’énergie géothermique dans laquelle son pays a beaucoup d’expérience. Il faut surtout, a-t-elle mis en garde, éviter que les nouvelles technologies n’exacerbent les problèmes existants. Après avoir salué les efforts en cours pour régler la crise du Darfour et la situation au Moyen-Orient, la Ministre a rappelé la candidature de son pays à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2009-2010.
M. MASAHIKO KOUMURA, Ministre des affaires étrangères du Japon, a déclaré que les changements climatiques seront une crise pour l’humanité tout entière et qu’il était temps d’agir pour le bénéfice des générations futures, en faisant en particulier attention aux besoins des pays vulnérables. Il incombe à cet égard aux dirigeants mondiaux de prendre de nouvelles décisions politiques innovantes et audacieuses pour répondre à ce défi, a-t-il estimé. M. Koumura a en ce sens fait part des initiatives prises par son gouvernement pour y remédier, telles la présentation, en mai dernier, d’une nouvelle proposition relative aux changements climatiques fondée sur le développement à long terme de technologies innovantes ou encore la mise en œuvre, au niveau national, d’une nouvelle campagne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre provoquées par les ménages. Il est nécessaire de remédier au changement climatique sans relâche avant et après 2012, a-t-il déclaré avant de féliciter les dirigeants mondiaux pour leur engagement politique en la matière. Faisant valoir que son pays avait accru sa compétitivité en améliorant son efficacité énergétique, tout en doublant son PNB, il s’est dit prêt à partager les technologies et l’expérience de son pays avec l’ensemble des partenaires intéressés.
M. KESSAI H. NOTE, Président des Îles Marshall a par ailleurs noté que la survie de son pays dépendait aussi des ressources de l’océan. Il a regretté que la pêche illégale et non réglementée continue à menacer la plus grande source de revenus de son pays. Il a demandé l’assistance des États Membres pour obtenir l’expertise et les capacités nécessaires à la mise en place de mesures de gestion, de préservation des ressources marines et de développement du secteur de la pêche. Il a soutenu le moratoire sur la pêche au chalut de fond qui menace, selon lui, la biodiversité des océans. M. Note a fait valoir que les pays de la région du Pacifique coopéraient étroitement pour répondre aux vulnérabilités spécifiques de cette zone dans les domaines économique, social et environnemental. Il a souligné que la mise en œuvre réussie des engagements régionaux dépendait aussi du soutien des États Membres, des organisations régionales et internationales et des partenaires de développement notamment. Il s’est félicité dans ce contexte de la décision du PNUD, de l’UNICEF et du FNUAP d’établir huit nouveaux bureaux dans les îles du Pacifique.
M. TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée équatoriale, a dénoncé l’attitude des pays industrialisés depuis plus de 20 ans face aux effets néfastes de leurs activités et a constaté que le Protocole de Kyoto n’avait toujours pas été ratifié par tous les États Membres de l’ONU. Si les conséquences des changements climatiques doivent être traitées par tous puisqu’elles nous touchent tous, « nous ne devons pas ignorer que la première responsabilité en revient à ceux qui ont développé des techniques détruisant l’ozone pour leurs propres intérêts », a-t-il rappelé.
M. FAKHRUDDIN AHMED, Chef du Gouvernement intérimaire de la République populaire du Bangladesh, a rappelé que le Bangladesh était particulièrement vulnérable aux changements climatiques, en ajoutant que 30% des terres seraient submergées si le niveau de l’eau de la baie du Bengale augmentait d’un mètre. Les inondations de 2007 ont affecté beaucoup d’individus et les effets néfastes liés à la déforestation et à l’augmentation de la salinité des eaux sont évidents, a-t-il ajouté, avant d’appeler à une coopération internationale accrue dans la lutte contre le réchauffement climatique.
SIR MICHAEL SOMARE, Premier Ministre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a souligné que son pays était particulièrement inquiet à ce sujet. « Pour dire les choses clairement, nous sommes très préoccupés de voir certains pays industrialisés tenter d’échapper à leurs responsabilités pour leurs propres émissions de gaz carbonique en mettant l’accent sur les pays en développement », a-t-il dit. C’est seulement une fois que les pays industrialisés assumeront la responsabilité de leurs actes que le chemin vers les solutions s’éclaircira. Le Premier Ministre a cependant affirmé que la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en tant que pays en développement, était prête à contribuer, sur une base équitable, à un avenir durable.
Elias Camsek Chin, Vice-Président de la République des Palaos, a noté que tous ces efforts resteront vains si des progrès au plan international ne sont pas rapidement réalisés dans le domaine du changement climatique. « Avec la hausse de la température, le corail se décolore, le niveau de la mer monte et les océans deviennent plus acides, ce qui menace de détruire la biodiversité marine et nos moyens d’existence », a-t-il expliqué.
Compte tenu de la vulnérabilité des petits États insulaires en développement face au changement climatique, le Vice-Président des Palaos a souligné la nécessité d’arriver à un accord sur une série d’objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période post-Kyoto. Ces objectifs doivent être ambitieux, a-t-il insisté, et refléter le caractère urgent de la question.
M. LAWRENCE GONZI, Premier Ministre de la République de Malte, a reconnu que le réchauffement climatique constituait une menace environnementale et freinait la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a illustré ses dires en citant notamment l’ouragan Dean qui a dévasté les économies des petites îles du Pacifique et des Caraïbes. Le Premier Ministre a également plaidé pour que les. Nations Unies mettent en place un mécanisme chargé de l’analyse des activités de lutte contre les changements climatiques menées sur le terrain ces 20 dernières années et proposent une action stratégique globale dans le but de mettre fin aux initiatives fragmentées et non coordonnées, et de prendre davantage en considération les besoins des petits États insulaires. Le Premier Ministre a rappelé que son pays avait lancé l’initiative relative au droit de la mer qui a débouché en 1982 sur l’adoption d’un traité et que les concepts s’y référant pouvaient aussi se rapporter aux problématiques mondiales environnementales. Il a appelé à une protection renforcée de cet héritage humain.
|